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Olivier BARSALOU : Université McGill
Depuis 2010, près de 5 millions de Syriens ont trouvé refuge dans les pays limitrophes de la Syrie. Alors que la Turquie, le Liban, la Jordanie, la Jordanie et l'Irak sont parmi les premiers pays d'accueil de migrant syriens, alors que les pays de la péninsule arabique, l'Arabie Saoudite en tête, persistent dans leur refus d'accueillir des Syriens. Qu'est-ce qui explique cet écart à la fois quantitatif et qualitatif entre les pays arabes du Moyen-Orient? La présente communication s'attardera à identifier les ressorts/motivations, les actions posées ainsi que les effets de la contribution des pays du Moyen-Orient au problème des migrants syriens. Plus spécifiquement, la contribution tentera de mettre en lumière les aspects ambigus de leur contribution à la résolution des problèmes humanitaires et migratoires et, plus globalement, de la crise géopolitique qui secoue la Syrie depuis de nombreuses années.
Au plus fort de la crise des migrants au Moyen-Orient, le déplacement des populations est devenu un enjeu médiatique et politique de premier plan. Il n’y a qu’à penser à l’onde de choc qu’ont produit les images du jeune enfant trouvé sans vie sur une plage alors que ses parents tentaient de rejoindre l’Europe. Le vocabulaire utilisé et le traitement souvent brouillon de ces événements sont à l’origine d’une certaine incompréhension face au(x) contexte(s) normatif(s) au sein desquels les déplacements de masse se produisent. Cette confusion est multiple et concerne notamment le champ sémantique applicable (parle-t-on de migrants, de réfugiés, de déplacés ou de criminels?), les obligations juridiques des États, dont celles du Canada, et les connexions multiples liant déplacements de masse et enjeux identitaires et sécuritaires relatifs notamment à la répression de la criminalité.
La présente proposition de colloque vise à sensibiliser et informer le public face aux problèmes politico-juridiques que soulève la crise migratoire dans le contexte du conflit syrien. Cette activité permettra de prendre du recul face aux discours médiatiques et politiques afin de clarifier les concepts fondamentaux utilisés pour décrire et analyser les déplacements massifs. Il s’agira d’évaluer la contribution – éventuelle – des normes juridiques internationales à la compréhension et à la résolution de ce problème multidimensionnel.
La migration de masse en temps de crise suscite une multitude de questions que la présente proposition de colloque souhaite aborder. Le colloque a pour point de départ la question de l’adéquation du discours médiatique et politique avec la réponse qu’apporte le droit international à ce problème. Dans quelle mesure ce discours contribue-t-il à la protection des personnes déplacées ou la fragilise-t-il? Le colloque détermine et clarifie les tropes et les catégories juridiques sur la base desquels nous comprenons et, incidemment, tentons de solutionner ce problème.
Thème du colloque :