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Paul Lagneau-Ymonet : PSL Research University, Paris-Dauphine, IRISSO
Dans la société française contemporaine, les ressorts de l'entente au sommet, entre celles et ceux qui occupent des positions de pouvoir économique, politique et culturelle sont le détachement, la dérogation et la coordination.
D'abord, l'occupation de plusieurs positions de pouvoir fait apparaître tout ordre et ses règles pour ce qu'ils sont : arbitraires à moins qu'on leur reconnaisse une forme de légitimité. Celle-ci requiert ensuite des quidams qu'ils suivent les règles communes auxquelles les dominants dérogent quand il s'agit de consolider leurs positions éminentes. Enfin, occuper une position de pouvoir dans un domaine d'activité particulier oblige à tenir compte de ce qui se passe aussi dans les autres secteurs. C'est pourquoi, les dominants entrent dans des rapports de coordination. Si leur arrangement reproduit la hiérarchie entre les ordres économique, politique (y compris administratif et militaire), et dans une moindre mesure culturel et religieux, l'organisation de cette coordination favorise les transactions collusives.
Pour cette contribution, les co-auteurs combinent les théories de C. Wright Mills et Pierre Bourdieu. Les co-auteurs mobilisent une base originale de données prosopographiques sur 8000 individus qui occupent, en France des positions de pouvoir. Pour qualifier les rapports entre ceux-là, les co-auteurs recourent à l'analyse géométrique de données, et plus spécifiquement à l'analyse de correspondances multiples spécifique.
Dans le domaine de la sociologie économique, des auteurs tels que Pierre Bourdieu ont longuement discuté de la question relative aux réseaux de relations sociales des individus. Au niveau organisationnel, certaines études menées en matière de gestion durant la dernière décennie montrent que les entreprises ayant des connexions sociales et politiques affichent une meilleure performance financière que celles qui n’en ont pas. Cependant, peu de choses sont connues sur les mécanismes à travers lesquels agissent ces liens dans les entreprises. De plus, l’actualité dans plusieurs pays et particulièrement au Canada montre que ce phénomène est également répandu dans les organisations du secteur public. Le sujet de ce colloque permettra ainsi d’aborder tous les aspects liés aux connexions sociales des organisations, tant du secteur privé que du secteur public. Il se penchera notamment sur les mécanismes organisationnels à travers lesquels agissent ces liens, du point de vue de plusieurs disciplines, approches méthodologiques et contextes.
Dans les systèmes économiques de type capitaliste, les entreprises occupent une place centrale. Elles interviennent à tous les niveaux et dans toutes les sphères de la société. Ce faisant, elles créent de la richesse. Leurs actions peuvent avoir un impact sur la vie de l’ensemble de la population. En tant qu’institutions sociales, elles sont censées agir de manière irréprochable. Au lieu de cela, les crises et les scandales financiers dans le monde des affaires se multiplient. Les scandales de corruption et de collusion dans l’industrie de la construction au Québec, qui sont révélés à la commission Charbonneau, constituent le dernier exemple le plus frappant dans le contexte canadien. En effet, les différents témoignages et comptes rendus entendus à cette commission montrent que l’industrie de la construction en particulier fonctionne grâce aux réseaux de connexions politiques.
Par conséquent, compte tenu de l’importance du phénomène pour l’ensemble de la société, nous pensons qu’il est impératif de tenir une tribune d’échanges interdisciplinaire incluant des universitaires, des professionnels et des acteurs de la vie politique, sociale et économique. Notre colloque s’inscrit donc dans cette perspective et ne vise pas uniquement un public scientifique, mais bien une diversité de points de vue. Ainsi, nous posons la question : quelles sont les causes et les conséquences des connexions politiques et sociales des organisations, qu’elles soient publiques ou privées, gouvernementales ou non?
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