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Sophie Lamarche : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les départs volontaires peuvent occasionner des conséquences négatives pour l'organisation et les individus (Griffeth, et Hom, 2001 ; Mobley, 1982). Les aspects de l'organisation du travail, notamment la charge, les conflits et l'ambiguïté de rôle, ont été identifiés comme des déterminants de l'intention des travailleurs de quitter. La satisfaction au travail et l'engagement organisationnel ont été reconnus comme des mécanismes expliquant cette relation. Toutefois, le rôle qu'est susceptible de jouer la santé psychologique n'a pas été étudié. En s'appuyant sur le modèle des exigences du travail et du contrôle (Karasek, 1979) et de la théorie de la conservation des ressources, nous formulons l'hypothèse selon laquelle la détresse psychologique joue un rôle médiateur dans la relation entre les aspects de l'organisation du travail et l'intention de quitter. Afin de réaliser notre objectif de recherche, les données ont été collectées à l'aide d'un questionnaire électronique auprès de 659 employés de trois centres d'appels au Québec. Sur le plan théorique, cette étude contribue à la progression des connaissances en permettant de mieux comprendre comment les aspects de l'organisation du travail contribuent à inciter les travailleurs à quitter. Sur le plan pratique, les résultats pourraient permettre aux dirigeants de déceler de façon précoce les travailleurs susceptibles de quitter l'organisation et de mettre en place des solutions novatrices en lien avec la santé psychologique.
Au Québec et ailleurs, on assiste à un déplacement de l’augmentation des lésions professionnelles au profit des maladies professionnelles causé par la mutation des risques présents dans l’environnement de travail. Des statistiques qui montrent cette tendance ainsi que des pistes de réflexion sur les enjeux qui en découlent seront discutées dans le cadre de ce colloque. Entre autres, la façon de gérer le dossier de prévention est subordonnée à la mesure de performance menant ainsi les gestionnaires et les travailleurs à se concentrer sur les résultats, minimisant ainsi les efforts consacrés à la prévention et à sa prise en charge. Les nouveaux risques nécessiteront de nouvelles façons de faire (et non de faire faire) en matière de santé et sécurité du travail si nous voulons demeurer compétitifs. Les besoins criants à la fois sur les plans théorique et pratique au regard des enjeux en santé organisationnelle (SO) ouvrent les portes à l’adoption d’une conception selon laquelle la santé globale et la performance organisationnelle sont le fruit d’une dynamique à plusieurs niveaux. Ainsi, les démarches tant en recherche que sur le plan de l’intervention visent les déterminants individuels, organisationnels et externes (sociétaux) et s’attachent au caractère multidimensionnel et multidisciplinaire de la SO. Les enjeux s’inscrivent dans une perspective multifactorielle (déterminants, corrections et prévention) qui intervient sur la santé et la performance organisationnelle. L’intervention sur les déterminants de la santé globale interpelle les trois niveaux de prévention, soit primaire, secondaire et tertiaire. Dans cette optique, des disciplines diversifiées se complètent dans l’objectif de contribuer à l’avancement des connaissances sur la SO.
Titre du colloque :