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Les maîtres de l'espace urbain! Les savoirs populaires dans la dynamique de production de la sécurité urbaine

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Pierre Boris N'NDE TAKUKAM : Université Laval

Résumé de la communication

La sécurité urbaine, plus précisément dans les villes du Sud, représente un réel défi de sorte qu'elle intègre systématiquement la dynamique urbaine. Pourtant, son étude reste non seulement la chasse gardée de certaines disciplines, mais plus encore, sa production ou sa mise en œuvre émane de fins stratégies « savamment » élaborées dans des « laboratoires de spécialistes » loin des supposés bénéficiaires. Alors qu'une part importante de cette production et même des savoirs stratégiques nécessaires à la sécurisation est produite par les populations, les habitants, bref ceux vers qui s'orientent toutes les politiques, les actions et les campagnes de lutte contre l'insécurité. Cette communication se prononce en faveur d'une possible harmonisation des connaissances populaires et des spécialistes (gouvernementales, consultants, coopérants, etc.) en vue d'une production adéquate et idéale de la sécurité : telle qu'elle rencontre les attentes des communautés et contribue à leur bien-être. Il est davantage question pour nous de discuter autour de la monopolisation et de l'hégémonie des savoirs de sécurisation autour d'une élite, ensuite de développer une argumentation sur les stratégies populaires de sécurisation et enfin de montrer quelles peuvent être les lieux et les espaces de rencontre.

Résumé du colloque

Dans la lignée des travaux de l’anthropologue Jean-Loup Amselle, on peut définir le métissage comme un processus continuel d’interactions entre plusieurs cultures qui transforme ces dernières d’une manière ou d’une autre. Autrement dit, le métissage désigne un processus par lequel toutes les cultures qui se rencontrent en sortent modifiées, ayant absorbé au moins quelques traits des autres. Le métissage se distingue alors du rapport de forces qui conduit une des cultures à imposer aux autres ses savoirs, ses représentations du monde, ses normes et ses pratiques sans se transformer elle-même, phénomène bien connu des études du colonialisme et de la mondialisation.

La science contemporaine est, dans une perspective constructiviste, une production culturelle étroitement liée à la modernité européenne et, depuis le 20e siècle, anglo-saxonne, ce qui se traduit par des normes, des pratiques et un régime de vérité bien particuliers, dominé par le postpositivisme. Ce régime de vérité exclut du champ scientifique de nombreuses pratiques de connaissance qui proviennent notamment des cultures non anglo-saxonnes, des pays du Sud ou des milieux non scientifiques. Ces pratiques sont-elles condamnées à exister en parallèle ou aux marges du champ scientifique, plus ou moins invisibles, ou peut-on imaginer des sciences métissées, qui acceptent de se laisser modifier par la rencontre avec d’autres savoirs, d’autres normes, d’autres pratiques de connaissance?

Ce colloque propose d’explorer, dans la foulée de travaux d’épistémologie sociale et politique, des cas concrets de métissage réussi ou impossible. Différents axes sont proposés : la rencontre de savoirs de différentes disciplines, de savoirs inspirés par des postures épistémologiques variées, de savoirs universitaires du Nord et du Sud, de savoirs scientifiques et artistiques, de savoirs scientifiques et non scientifiques, par exemple dans le cas des sciences participatives et citoyennes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 13 mai 2016

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