Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Francois Mouillot : Université McGill
Cette communication examine l'étiquette de musique indépendante Constellation Records comme point focal d'un réseau de rock expérimental associée à la communauté anglophone de Montréal. Depuis 1997, cette micro-compagnie du Mile-End exerce une influence importante dans le milieu international de la musique populaire expérimentale en distribuant la musique d'artistes principalement locaux. En s'appuyant sur l'analyse d'entretiens menés avec les dirigeants de Constellation Records et de données récoltées au travers du réseau d'institutions de petite taille étroitement lié à l'étiquette, nous présenterons l'idée que l'étiquette fonctionne comme point de ‘traduction' entre la scène musicale anglophone du Mile-End au sens où l'entend Alan Blum – c'est-à-dire un espace d'intimité créé dans la vie collective de la ville (179) – et la perception de cette même scène par des publics nationaux et internationaux, contribuant à ce que Geoff Stahl a appelé une des « mythographies » – la combinaison de multiples histoires et récits donnant à une ville ses textures culturelles (141) – propre à Montréal. En jouant ce rôle de ‘traducteur' culturel entre les activités interne de la scène musicale montréalaise et sa réception externe, l'étiquette contribue ainsi à l'image souvent véhiculée dans divers discours – aussi bien provinciaux, nationaux et qu'internationaux – à propos de la vitalité culturelle de la ville au travers des activités de sa population anglophone.
La culture est au cœur de la stratégie de développement économique de Montréal, qui y voit une façon de prospérer « en conjuguant talents et créativité, collaborations et innovation, effervescence culturelle et proximité ». Un des atouts de Montréal, selon Richard Florida, réside dans la possibilité pour ce « noyau supercréatif » d’interagir entre plusieurs langues et plusieurs cultures. Toutefois, peu d’études ont pris précisément la langue et le rôle des communautés québécoises d’expression anglaise (CQEA) comme angles d’approche pour comprendre leur place dans l’économie créative. Pourtant, il est difficile de nier l’apport des CQEA à cette économie étant donné la taille de leur population artistique, le poids de leurs institutions universitaires et leur présence dans certains quartiers (p. ex., le Mile End). Malgré cela, leur participation au développement économique, culturel et social de Montréal suscite des inquiétudes. En effet, dans la société québécoise majoritairement francophone, ce développement rejoint les craintes d’une plus grande place accordée à l’anglais aux dépens du français. À l’inverse, certains segments des CQEA font face à des obstacles quant à leur participation à l’économie créative (défis pour les artistes d’origine non européenne, obstacles liés au financement, à la langue et aux pratiques culturelles, etc.). Les conférencières et conférenciers exposeront leurs recherches sur l’économie créative en examinant la portée et les limites de ce concept au moyen de travaux empiriques et théoriques propres à leur discipline respective.
Ce colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (RRCQEA) en collaboration avec l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. Comité scientifique : Cheryl Gosselin, Will Straw, Paul Zanazanian et les organisateurs du colloque. Le colloque poursuit la réflexion amorcée à la suite de la publication du rapport du RRCQEA sur l’économie créative chez les anglophones du Québec en 2012.
En plus des activités ci-dessous, notre programme comporte également quelques activités hors site :
— Table ronde au Théâtre Rialto avec des acteurs du milieu culturel organisée par l’English Language Arts Network (12 mai, 14 h, entrée libre)
— Visite guidée sur les industries de l’économie créative dans le Mile End par Justin Bur avec un arrêt à Temps Libre (tempslibre.coop), nouvelle coop soutenue par l’Université Concordia (12 mai, 16 h, RSVP: visitemileend.eventbrite.ca)
Le mot de bienvenue du colloque sera prononcé par André Roy, doyen de la Faculté des arts et des sciences, Université Concordia, et Rebecca Duclos, doyenne de la Faculté des beaux-arts, Université Concordia.
Pour plus d’information, consultez : www.quescren.ca/fr/acfas2016