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Patrick Cloos : Université de Montréal
Le 12 janvier 2010 un violent tremblement de terre frappe plusieurs villes d'Haïti. Les pertes humaines et matérielles sont considérables. Le Canada met en place des mesures spéciales pour faciliter l'immigration d'un certain nombre de victimes de cette catastrophe. Entre janvier 2010 et janvier 2012, c'est plus de 8 000 nouveaux arrivants d'Haïti, toutes catégories d'immigration confondues, qui sont accueillis au Québec. Ces nouveaux-arrivants viennent s'ajouter à une «communauté» qui n'a cessé de grandir depuis les années soixante.
Les données présentées dans cette communication sont issues d'une recherche visant à mieux comprendre la situation de nouveaux arrivants haïtiens établis au Québec depuis le séisme. Nous présenterons les résultats préliminaires de l'analyse des données recueillies auprès de jeunes gens âgés de 18 à 29 ans. Cette communication visera à cerner les obstacles que ces jeunes nous ont dit rencontrer dans leur vie de tous les jours ainsi que les stratégies qu'ils mettent en œuvre pour les contourner. Nous présenterons les principaux enjeux liés à leur situation à la lumière de la littérature à propos des jeunes issus de l'immigration haïtienne au Québec. Ainsi, nous serons amenés à discuter de leurs relations familiale et sociale, de leurs stratégies identitaires, et de leurs rapports à l'emploi et la scolarisation.
Ce colloque se penche sur les défis d’intégration sociale et scolaire de jeunes ayant quitté leur pays à la suite de catastrophes humaines ou naturelles. Les enfants et les jeunes d’âge scolaire représentent près de 50 % des populations qui fuient leur pays en raison des guerres, des conflits armés et des événements environnementaux (OMI, 2012). Le Canada et le Québec accueillent chaque année des milliers d’entre eux, mais on en sait encore très peu sur leur vécu, sur la manière dont ce vécu touche leur intégration sociale et scolaire, et sur les formes de soutien offertes ou à offrir en vue de répondre à leurs besoins et favoriser cette intégration. La crise des réfugiés syriens et l’annonce de l’arrivée de milliers d’entre eux au Canada et au Québec à partir de l’année 2015 rendent d’autant plus nécessaire de se pencher sur ces questions.
Le colloque, réalisé en association avec l’axe « Éducation et rapports ethniques » du Centre des études ethniques des universités montréalaises (CEETUM) et en collaboration avec l’Équipe de recherche et d’intervention transculturelle (ERIT), veut offrir l’occasion aux chercheurs et praticiens de partager le fruit de leurs recherches ainsi que des pratiques innovantes à cet égard. Les communications et tables rondes réuniront des chercheurs en éducation, psychologie, sociologie, travail social et des praticiens du milieu scolaire et communautaire qui ont travaillé auprès des jeunes et de leurs familles au Québec et au Canada en particulier, mais aussi en Syrie, en Irak, en Haïti. Les problématiques suivantes seront notamment abordées : les expériences des jeunes affectés par les catastrophes naturelles et humaines, l’accompagnement à l’école des élèves touchés par les deuils, traumas et séparations familiales, les défis d’acculturation et de construction identitaire des élèves, les enjeux de formation des maîtres en lien avec les problématiques d’accueil et d’intégration des élèves réfugiés.
Thème du colloque :