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Syrina Al Ain : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
La naissance constitue une étape critique de la reproduction des Mammifères. Le fœtus est alors transféré d'un environnement stable et protecteur vers un univers asséchant, variable et hostile. À présent, l'ensemble des ressources est accessible à la surface du corps de la mère, et le nouveau-né doit donc être capable d'exécuter diverses actions orientées vers celle-ci et vers les régions spécialisées dans le transfert de matières. Biologistes, pédiatres, psychologues se sont intéressés à la relation mère-jeune(s) en s'interrogeant, plus particulièrement, sur la nature des signaux émis par la mère qui dirigent les nouveau-nés. De nombreux travaux ont ainsi rapporté que, quel que soit le niveau d'autonomie physiologique et de maturité sensorielle du nouveau-né à la naissance, l'olfaction joue un rôle crucial dans la communication mère-jeune(s) et la survie néonatale. Cette présentation aura donc pour but d'étudier le pouvoir attractif/“séducteur” de l'odeur maternelle sur les nouveau-nés chez une myriade d'espèces de mammifères. Les points suivants seront abordés: La nature des substrats chimiques attractifs pour les nouveau-nés, la variabilité du pouvoir attractif de ces substrats au cours du développement, ainsi que les mécanismes cognitifs sous-jacents. En somme, chez la grande majorité des mammifères, les interactions mère-jeune(s) sont contrôlées par des signaux chimiques, et le parfum maternel reste “irrésistible” au-delà de la période juvénile.
La séduction est au cœur de nos relations, et souvent à notre insu. Nous avons tendance, en Occident, à la réduire aux relations qui relèvent de la sexualité humaine (Baudrillard), et à la penser selon la triple dimension de la vérité, du pouvoir et de la sensibilité. Dans chacune de ces dimensions, elle est aussi en tension : entre tromperie et révélation (vérité), manipulation et libération (pouvoir), raison et désir (sensibilité). Mais la relation de séduction, à travers l’histoire, concerne aussi la pédagogie (le modèle et l’émulation : voir Rivard, 2012), le politique (le charisme et la rhétorique : Delporte), l’économie (la publicité, l’envie), le monde animal (les animaux entre eux — les parades — ou avec les humains : Bomsel, Lestel) et même notre relation aux choses, créées (les arts et les lettres, la technologie et ses promesses) ou non (le paysage, voir Cartier et Lew). Si la séduction est liée au désir et au symbole, à la reconnaissance et à l’acceptation, mais aussi à l’emprise et à la subjugation, on en comprendra aisément l’influence, l’importance et la force, aussi bien positive que négative, et cela tant pour le vivre ensemble que comme marqueur identitaire. Comment qualifier et comprendre les liens que nous tissons par le truchement de la séduction, en déceler les mécanismes communs, en entreprendre la critique? Par exemple, peut-on être séduit sans séducteur, comme quand un paysage nous charme? Y a-t-il séduction même sans intentionnalité consciente, comme chez les animaux ou quand autrui nous trouve attirant? Comment comprendre le jeu du désir dans la séduction, que son objet soit le sexe, l’amitié, l’apprentissage ou le profit? Quels sont ses symboles et ses rituels privilégiés? Peut-on d’ailleurs regrouper sous un même concept l’attirance, le charme, la fascination, l’influence, l’envoûtement et la séduction? L’intitulé de notre colloque nous invite à l’appréhender comme une relation complexe et dans la variété de ses manifestations.
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