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Hubert Ouellet : Université Laval
Comment est employé l'humour dans les pratiques enseignantes? Traditionnellement et de manière générale, la salle de classe n'est pas conçue comme un endroit où l'on donne place à l'humour. En effet, le « contrat didactique » implicite en classe oriente la relation entre « maîtres » et « apprenants » comme une relation exempte d'humour et où le sérieux est de mise (Bryant, Comisky & Zilman, 1979). Interroger les usages de l'humour en classe en recherche rencontre aussi des résistances, car l'objet lui-même n'est pas toujours considéré un champ d'étude à part entière et sa pertinence est parfois remise en doute (Berk, 2006; Hogue, 2014) Cependant, depuis les années 80 dans le monde anglo-saxon, l'« humor studies » perce le champ de la recherche en étudiant, entre autres, les « effets de l'humour sur l'apprenant » (Berk, 2010; Stambor, 2006). Comment a été étudié l'humour en classe ? Sous quelles perspectives épistémologiques et méthodologiques ? Après un bref retour historique répondant à ces questions, je présente dans cette communication une analyse exploratoire de récits d'expérience de futurs enseignants et enseignantes au collégial, alors apprenants, dans lesquels apparaissent l'emploi de l'humour en classe. L'analyse permet de dresser des formes d'humour employées et leurs impacts sur les apprenants et sera l'occasion de réfléchir sur le potentiel de la recherche qualitative pour étudier ce domaine encore peu exploré en éducation.
Dans la lignée des travaux de l’anthropologue Jean-Loup Amselle, on peut définir le métissage comme un processus continuel d’interactions entre plusieurs cultures qui transforme ces dernières d’une manière ou d’une autre. Autrement dit, le métissage désigne un processus par lequel toutes les cultures qui se rencontrent en sortent modifiées, ayant absorbé au moins quelques traits des autres. Le métissage se distingue alors du rapport de forces qui conduit une des cultures à imposer aux autres ses savoirs, ses représentations du monde, ses normes et ses pratiques sans se transformer elle-même, phénomène bien connu des études du colonialisme et de la mondialisation.
La science contemporaine est, dans une perspective constructiviste, une production culturelle étroitement liée à la modernité européenne et, depuis le 20e siècle, anglo-saxonne, ce qui se traduit par des normes, des pratiques et un régime de vérité bien particuliers, dominé par le postpositivisme. Ce régime de vérité exclut du champ scientifique de nombreuses pratiques de connaissance qui proviennent notamment des cultures non anglo-saxonnes, des pays du Sud ou des milieux non scientifiques. Ces pratiques sont-elles condamnées à exister en parallèle ou aux marges du champ scientifique, plus ou moins invisibles, ou peut-on imaginer des sciences métissées, qui acceptent de se laisser modifier par la rencontre avec d’autres savoirs, d’autres normes, d’autres pratiques de connaissance?
Ce colloque propose d’explorer, dans la foulée de travaux d’épistémologie sociale et politique, des cas concrets de métissage réussi ou impossible. Différents axes sont proposés : la rencontre de savoirs de différentes disciplines, de savoirs inspirés par des postures épistémologiques variées, de savoirs universitaires du Nord et du Sud, de savoirs scientifiques et artistiques, de savoirs scientifiques et non scientifiques, par exemple dans le cas des sciences participatives et citoyennes.
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