pen icon Colloque
quote

Apprendre des enfants : leçons des communautés hassidiques pour le droit et vice-versa

SV

Membre a labase

Shauna Van Praagh

Résumé de la communication

L’intégrité et l’identité sont deux facteurs clefs dans n’importe quelle discussion en droit au sujet des enfants. D’une part, le bien-être des enfants et leur besoin de protection (découlant de leur position de vulnérabilité) commandent de s’intéresser à leur droit à l’intégrité. D’autre part, l’appartenance des enfants à une ou plusieurs communauté(s) leur confère une identité propre, qu’ils sont susceptibles de conserver une fois devenus adultes. Même pendant leur jeunesse, cette facette de leur identité peut jouer un rôle important, bien que leur identité (globale) soit encore en formation. Dans les communautés hassidiques, le rapport entre intégrité et identité révèle des réalités complexes. Que ce soit dans le contexte de la gouvernance de l’éducation ou en matière de protection de la jeunesse, l’exemple des enfants hassidiques apporte un éclairage nouveau qui permet de mieux comprendre plusieurs notions centrales du droit : inter alia les droits et libertés; l’agentivité, l’autonomie et l’intérêt de l’enfant; la coexistence de différentes sphères d’influence dans la vie de famille; les règles du voisinage. De plus, une conception du droit fondée sur le « pluralisme juridique » est pertinente pour comprendre la gouvernance des différents aspects de la vie des enfants hassidiques. À son tour, l’exemple des enfants hassidiques est utile pour illustrer la doctrine pluraliste. Cette conférence va explorer les façons dont le droit (en particulier le droit applicable aux enfants) peut tirer des leçons de l’expérience des communautés hassidiques et montrer comment ces communautés sont influencées et même modifiées par leur rapport avec le droit.

Résumé du colloque

Les communautés hassidiques forment à Montréal une population de près de 10 000 personnes. Alors que l’histoire et la sociologie des Juifs montréalais sont en général bien connues, on sait assez peu de choses des communautés ultraorthodoxes de tradition hassidique qui se sont installées depuis près d’un demi-siècle dans l’axe de l’avenue du Parc. Cela tient en grande partie à ce que ces populations sont restées relativement à l’écart de leurs coreligionnaires et qu’elles ne cherchent pas non plus à entrer en contact avec les autres résidents des quartiers où elles sont implantées. Or, il appert que les Juifs hassidiques représentent une nouvelle forme d’intégration à la société montréalaise-québécoise qui n’a cessé de prendre de l’ampleur au cours des deux dernières décennies et qui est basée sur une pratique religieuse non chrétienne fondamentaliste. Les Juifs hassidiques adoptent en général les pratiques économiques, politiques et sociales de leur société d’appartenance, mais refusent de s’acclimater à la culture ambiante ou aux comportements culturels dominants chez leurs voisins. Ces choix tendent à définir d’une manière assez différente la frontière entre le groupe hassidique lui-même et l’ensemble de la société montréalaise. Les organisateurs de ce colloque sont particulièrement intéressés à étudier la question des écoles primaires et secondaires qui sont administrées par ces communautés et qui constituent un enjeu pédagogique très discuté présentement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :