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Steven Lapidus : Université Concordia
Bien qu’initialement établie à la fin du XIXe siècle, les populations hassidiques de Montréal ont commencé à s’accroître seulement après l'Holocauste, c’est-à-dire au moment d’une importante vague migratoire en provenance d’Europe. Ces nouveaux arrivés ont formé la base d'une communauté qui double généralement de taille tous les quinze à vingt ans. Non seulement cette croissance est visible sur le plan démographique à Montréal, mais elle s’est aussi reflétée dans l'infrastructure complexe de la communauté hassidique de Montréal. Le nombre d'entreprises et de services disponibles a également considérablement augmenté. En se concentrant sur les dix mille Hasidim des quartiers Mile-End / Outremont, la diversité des services offerts s'étend des écoles et des détaillants à une gamme complète de services de santé, y compris les soins palliatifs à domicile. Les écoles et les synagogues, qui proclament fièrement leur allégeance hassidique, renforcent encore la composition de la communauté. La complétude institutionnelle de ce milieu, un concept développé par le sociologue canadien Raymond Breton, se trouve ainsi en corrélation positive avec la fermeture et l'isolement social, deux caractéristiques de la vie hassidique. Je présenterai des données sur l'exhaustivité institutionnelle et j’expliquerai sa fonction dans l'intégration sociale des Hasidim de Montréal.
Les communautés hassidiques forment à Montréal une population de près de 10 000 personnes. Alors que l’histoire et la sociologie des Juifs montréalais sont en général bien connues, on sait assez peu de choses des communautés ultraorthodoxes de tradition hassidique qui se sont installées depuis près d’un demi-siècle dans l’axe de l’avenue du Parc. Cela tient en grande partie à ce que ces populations sont restées relativement à l’écart de leurs coreligionnaires et qu’elles ne cherchent pas non plus à entrer en contact avec les autres résidents des quartiers où elles sont implantées. Or, il appert que les Juifs hassidiques représentent une nouvelle forme d’intégration à la société montréalaise-québécoise qui n’a cessé de prendre de l’ampleur au cours des deux dernières décennies et qui est basée sur une pratique religieuse non chrétienne fondamentaliste. Les Juifs hassidiques adoptent en général les pratiques économiques, politiques et sociales de leur société d’appartenance, mais refusent de s’acclimater à la culture ambiante ou aux comportements culturels dominants chez leurs voisins. Ces choix tendent à définir d’une manière assez différente la frontière entre le groupe hassidique lui-même et l’ensemble de la société montréalaise. Les organisateurs de ce colloque sont particulièrement intéressés à étudier la question des écoles primaires et secondaires qui sont administrées par ces communautés et qui constituent un enjeu pédagogique très discuté présentement.
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