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Rosalie Bourdages : UQAM - Université du Québec à Montréal
L’habileté à détecter et à manipuler la structure morphologique des mots contribue aux performances en lecture (Kieffer et al., 2016) et en écriture (Green et al., 2003). Malgré l’importance de la conscience morphologique (dorénavant CM) (Deacon, Kieffer et Laroche, 2014 ; Colé et al., 2004 ; Roy et Labelle, 2007) pour le développement d’habiletés de haut niveau indispensables au succès scolaire, il y a une réelle confusion dans la littérature sur le plan de la mesure de ce construit, en ce sens que les tâches utilisées mobilisent des habiletés extrêmement variées. En effet, elles mettent en œuvre à la fois des unités (de type flexionnel ou dérivationnel), des opérations (production de dérivés, repérage d’unités de même famille morphologique, substitution/suppression/déplacement/ajout de morphèmes, jugement de grammaticalité) et des types de contrôle (implicites ou explicites) divers (Casalis et al., 2003). Nous présenterons les résultats préliminaires d’épreuves de CM réalisées chez des enfants de 3e année du primaire, ainsi que les analyses factorielles confirmatoires (AFC), qui permettent de comprendre comment les épreuves se regroupent. Cet état des lieux sur les mesures utilisées pour évaluer la CM met en relief à la fois l’importance du type d’opérations mentales effectuées et l’unité morphologique traitée comme facteurs permettant de discriminer les tâches entre elles.
Plusieurs chercheurs, comme Elizabeth Bates, considèrent la faculté du langage humain comme étant « une nouvelle machine construite à partir de pièces anciennes », c’est-à-dire une habileté acquise au fil du temps à partir des habiletés propres à l’individu, comme ses habiletés perceptuelles et cognitives. La relation entre langage et cognition est d’ailleurs depuis longtemps au cœur de la réflexion scientifique dans une panoplie de disciplines telles que la psychologie, la linguistique et l’orthophonie. Le présent colloque vise à regrouper des chercheurs provenant de différents milieux qui s’intéressent à cette relation entre langage et cognition. Il s’agira plus précisément de clarifier le rôle des habiletés perceptuelles et cognitives dans le langage. Les présentations seront axées sur un large éventail d’habiletés perceptuelles et cognitives : l’apprentissage de régularités, la perception auditive, la perception visuelle, la mémoire, les fonctions exécutives, les demandes cognitives, la métacognition et les habiletés de représentation. Ces habiletés seront étudiées auprès de bébés, d’enfants et d’adultes, unilingues et bilingues, à développement typique et atypique, et elles seront mises en lien avec l’apprentissage et le traitement du langage oral et écrit. Afin de proposer un aperçu complet de la question, des recherches employant des approches méthodologies diverses, de l’observation comportementale à l’expérimentation neurologique, seront exposées. Le présent colloque offrira donc un portrait global des avancements récents dans le domaine du langage et de la cognition. Une telle ouverture sur ce sujet permettra de clarifier le rôle des habiletés perceptuelles et cognitives dans le langage et contribuera ainsi au perfectionnement des théories cognitives du langage. Le présent colloque constituera également une base pour déterminer des pistes possibles d’intervention perceptuelles et cognitives dans les cas de difficultés langagières.
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