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Valérie Amiraux : Université de Montréal
La présence des juifs hassidiques à Outremont est une donnée connue et très publicisée de Montréal. Elle a donné lieu à des romans, des documentaires, des mémoires de maîtrise en sciences humaines, sociales et juridiques ainsi qu’à de nombreux articles de presse. Au-delà des processus d’altérisation et de fétichisation qui caractérisent le regard public posé sur ces populations, comment se traduit cette présence à l’échelle des arènes de délibération locale de l’arrondissement ?
Notre communication propose de répondre à cette question en prenant appui sur différentes controverses locales (Pourim, Souccot, lieux de culte) qui se sont déployées dans Outremont ces cinq dernières années. Partant d’une contextualisation des questions soulevées par le pluralisme ethno-confessionnel au Québec, une première partie sera consacrée à un cadrage théorique pour penser la présence publique de la population hassidique et l’horizon délibératif que dessine la stabilisation des formes « controverses » au niveau local. La deuxième partie explorera comment ces controverses prennent forme sur différentes scènes de la vie communale. Elle sera l’occasion de décrire la façon dont les citoyens du quartier discutent de ces enjeux.
Cette présentation s’appuiera sur la théorisation du lien entre expérience du pluralisme et radicalisation développée par V. Amiraux et l’équipe PLURADICAL (Amiraux, Araya-Moreno, 2014) et sur la recherche empirique de V. Gaddi dans le cadre de son mémoire de maîtrise (Gaddi, 2017).
Les communautés hassidiques forment à Montréal une population de près de 10 000 personnes. Alors que l’histoire et la sociologie des Juifs montréalais sont en général bien connues, on sait assez peu de choses des communautés ultraorthodoxes de tradition hassidique qui se sont installées depuis près d’un demi-siècle dans l’axe de l’avenue du Parc. Cela tient en grande partie à ce que ces populations sont restées relativement à l’écart de leurs coreligionnaires et qu’elles ne cherchent pas non plus à entrer en contact avec les autres résidents des quartiers où elles sont implantées. Or, il appert que les Juifs hassidiques représentent une nouvelle forme d’intégration à la société montréalaise-québécoise qui n’a cessé de prendre de l’ampleur au cours des deux dernières décennies et qui est basée sur une pratique religieuse non chrétienne fondamentaliste. Les Juifs hassidiques adoptent en général les pratiques économiques, politiques et sociales de leur société d’appartenance, mais refusent de s’acclimater à la culture ambiante ou aux comportements culturels dominants chez leurs voisins. Ces choix tendent à définir d’une manière assez différente la frontière entre le groupe hassidique lui-même et l’ensemble de la société montréalaise. Les organisateurs de ce colloque sont particulièrement intéressés à étudier la question des écoles primaires et secondaires qui sont administrées par ces communautés et qui constituent un enjeu pédagogique très discuté présentement.
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