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Simon Collin : UQAM - Université du Québec à Montréal
A l'ère du numérique, le harcèlement (Romano, 2015) ou l'intimidation (Roy & Beaumont, 2013) à l'école, ne sont plus circonscrits à l'espace scolaire mais se prolongent à travers les lieux et le temps via les écrans (Romano, 2015). La cyberintimidation est justement cette nouvelle forme d'intimidation au moyen des technologies. Et même si c’est surtout à partir de chez eux que les agresseurs agissent (Roy & Beaumont, 2013), c’est dans des situations d’intimidation vécues à l’école que la cyberintimidation prend généralement ses origines (Erdur-Baker, 2010).
C’est ainsi que les milieux scolaires, au même titre, que d’autres acteurs participent à la recherche de stratégies de prévention et d’intervention efficaces pour réduire la cyberintimidation (Roy & Beaumont, 2015). Mais qu’en est-il de la participation des milieux scolaires ?
En s’inspirant du modèle de Hinduja & Patchin (2009), Roy et Beaumont (2015) affirment que les enseignants choisissent les interventions en fonction des antécédents comportementaux de l’élève, qu’ils attribuent les chances de réussite des interventions au niveau de coopération et d’ouverture des élèves et qu’ils jouent davantage un rôle éducatif. Mais comment ces interventions se traduisent-elles dans des pratiques pédagogiques et scolaires ? C’est à cette question que nous aimerions répondre dans notre communication basée sur une recension des écrits sur la cyberintimidation et/ou les pratiques pédagogiques et scolaires en milieu scolaire au Québec.
La hiérarchisation des questions sensibles et des priorités sociales du gouvernement du Québec pousse à regarder au sommet du monde de l’éducation, un monde de lucides et de solidaires. L’enjeu de conjuguer les éducations sexuelle et interculturelle y apparaît d’autant plus clairement que le sentiment de sécurité s’avère plus que jamais menacé chez les jeunes (filles et jeunes racisé(e)s). Cette conjugaison éducative appelle des réponses globales et concertées, intersectionnelles et intersectiorielles. La mixité de ces savoirs inter-milieux impose de rassembler les professionnels de l’intervention et de la recherche. Il en va d’une philosophie commune de l’éducation pouvant s’adapter à divers milieux ostracisant parfois des jeunes qu’ils souhaiteraient néanmoins aider. Les discours dominants adulto-centrés feront alors l’objet d’une réflexion critique portée notamment sur la performance et l’effort scolaires demandés aux jeunes vulnérabilisé(e)s. Nous contribuerons à les repenser de manières moins compétitives et discriminantes, moins violentes et doloristes, par-delà les idéaux et discours sociaux de performance, d’accomplissement et de dépassement de soi. Plutôt que de déplorer le manque ou la perte du goût de l’effort chez les jeunes, nous proposerons de détourner notre regard de sommets inatteignables que nous nous fixons. En reprenant la mesure de ce qui est réalisable avec et auprès des jeunes, en contribuant à la réflexion critique mise au service du développement de l’éducation antiraciste et antisexiste, nous verrons comment créer des rapports plus intelligents (à l’ère des TIC) et plus respectueux entre nous : entre gars et filles, entre jeunes de la majorité sociale et jeunes issu(e)s de communautés racisées. Nous donnerons ainsi à voir autrement les sommets de priorités éducatives gouvernementales actuelles : sensibiliser et agir, détecter et prévenir pour mieux vivre ensemble demain et déjà aujourd’hui.
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