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Gravel Stéphanie
Dans le contexte de diversité et de sécularisation grandissante de la société pluraliste québécoise, le programme non confessionnel d’Éthique et culture religieuse (ECR) exige de ses enseignants une posture professionnelle d’impartialité et d’objectivité afin de respecter la liberté de religion des élèves. Bien que cette question ait suscité plusieurs débats sociaux et juridiques, aucune recherche qualitative n’a analysé sa mise en pratique en classe. Afin de répondre à ce manque dans la littérature scientifique, seront ici présentés les résultats d’une recherche doctorale analysant la mise en pratique de l’exigence d’impartialité en ECR chez 12 enseignants du secondaire provenant de milieux socioculturels différents (écoles privées confessionnelles ou publiques non confessionnelles ainsi que de milieu multiculturel ou non multiculturel).
Après avoir résumé la posture professionnelle exigée en ECR et la méthodologie utilisée dans cette recherche, seront présentés les résultats d’analyses des observations non participantes réalisées à partir d’une approche déductive thématique et transversale. Nous répondrons ainsi aux questions d’analyse suivantes : comment les enseignants mettent-ils en pratique la posture professionnelle d’impartialité exigée en ECR ? Les éléments visibles distinctifs observés dans les classes et sur les enseignants respectent-ils la posture professionnelle d’impartialité du programme ECR ? Une attention particulière sera apportée au lien entre l’impartialité et la diversité des milieux éducatifs dans lesquels ces enseignants travaillent
Le programme d’Éthique et culture religieuse (ECR) soulève nombre de débats depuis son implantation obligatoire dans toutes les écoles québécoises en 2008. Le programme a aussi été contesté devant les tribunaux. La Cour suprême du Canada a rendu un jugement en 2015 qui permet à une école secondaire privée d’adopter le programme ECR selon un point de vue catholique. Les défenseurs de ce programme regrettent ce jugement qui trahit son esprit non confessionnel, alors que ses opposants ont considéré qu’il confirmait l’idée que ce programme est un prolongement de l’enseignement religieux confessionnel d’autrefois. De plus, les signataires d’une pétition qui circule dans les médias sociaux en ce moment demandent que le programme ECR soit retiré du curriculum du primaire.
Depuis 2008, plusieurs études menées au Québec sur l’enseignement de l’ECR permettent de dresser un portrait des pratiques des enseignants et des défis qu’ils rencontrent dans leur travail quotidien. Les chercheurs ont entre autres mis en évidence un certain nombre de faiblesses liées à ce cours : l’insuffisance de la formation des enseignants du primaire, le manque de connaissance sur la vie communautaire des minorités religieuses du Québec, la difficulté de traiter de thèmes sensibles, les carences dans plusieurs manuels scolaires, l’inconfort d’aborder un point de vue religieux sur des questions d’éthique, les règles déontologiques inscrites dans le programme, etc. Néanmoins, les chercheurs ont aussi montré que le programme ECR répond aux attentes d’une société qui se distingue par la reconnaissance de sa diversité.
Ce colloque se veut une occasion d’aborder, à partir d’études scientifiques et de réflexions critiques, les impasses et l’avenir du programme ECR.
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