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Leslie Kapo : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Les travaux et l’engagement des féministes racisées ont propulsé le concept d’intersectionnalité au premier plan dans la production scientifique contemporaine, mais aussi dans les initiatives concrètes sur le terrain. Cependant, plusieurs auteures identifient certaines limites dans cette transition. Cette présentation reviendra brièvement sur ces différentes critiques avant de proposer des pistes de réflexion et des perspectives, autant pour la production de connaissances que pour la pratique, à partir de mon propre parcours de chercheur-intervenant racialisé.
La hiérarchisation des questions sensibles et des priorités sociales du gouvernement du Québec pousse à regarder au sommet du monde de l’éducation, un monde de lucides et de solidaires. L’enjeu de conjuguer les éducations sexuelle et interculturelle y apparaît d’autant plus clairement que le sentiment de sécurité s’avère plus que jamais menacé chez les jeunes (filles et jeunes racisé(e)s). Cette conjugaison éducative appelle des réponses globales et concertées, intersectionnelles et intersectiorielles. La mixité de ces savoirs inter-milieux impose de rassembler les professionnels de l’intervention et de la recherche. Il en va d’une philosophie commune de l’éducation pouvant s’adapter à divers milieux ostracisant parfois des jeunes qu’ils souhaiteraient néanmoins aider. Les discours dominants adulto-centrés feront alors l’objet d’une réflexion critique portée notamment sur la performance et l’effort scolaires demandés aux jeunes vulnérabilisé(e)s. Nous contribuerons à les repenser de manières moins compétitives et discriminantes, moins violentes et doloristes, par-delà les idéaux et discours sociaux de performance, d’accomplissement et de dépassement de soi. Plutôt que de déplorer le manque ou la perte du goût de l’effort chez les jeunes, nous proposerons de détourner notre regard de sommets inatteignables que nous nous fixons. En reprenant la mesure de ce qui est réalisable avec et auprès des jeunes, en contribuant à la réflexion critique mise au service du développement de l’éducation antiraciste et antisexiste, nous verrons comment créer des rapports plus intelligents (à l’ère des TIC) et plus respectueux entre nous : entre gars et filles, entre jeunes de la majorité sociale et jeunes issu(e)s de communautés racisées. Nous donnerons ainsi à voir autrement les sommets de priorités éducatives gouvernementales actuelles : sensibiliser et agir, détecter et prévenir pour mieux vivre ensemble demain et déjà aujourd’hui.
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