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Stéphanie Demers : UQO - Université du Québec en Outaouais
Cette communication présentera les résultats de deux recherches s'inscrivant dans une perspective culturaliste de la sociologie de l'éducation et visant à décrire, par une étude multi-cas réalisée auprès d'enseignants en formation et en insertion professionnelle, les caractéristiques des dimensions épistémiques de la culture enseignante. L'observation ethnographique de l'action enseignante a permis de saisir en quoi les formes de pouvoir et d’autorité exercées sur les enseignants conditionnent leurs choix d'actions didactiques et pédagogiques et ce faisant, le rapport que les élèves entretiennent aux savoirs. Les résultats indiquent que la conception d’une certaine hétéronomie de l’enseignant est perpétuée dans des injonctions multiscalaires. Les enseignants se trouveraient ainsi en situation de rupture entre leurs intentions épistémiques et les dynamiques qui agissent sur leur horizon d’actions (Ball, 2003 ; Maguire, 2010), plus particulièrement les appels à l’efficacité. Critiqués de part et d’autre de ne pas ou de mal appliquer les recettes de l’efficacité, le pouvoir que les enseignants détiennent sur leurs pratiques et leurs choix épistémiques est considérablement réduit. Les résultats de deux études multicas décrivent une culture enseignante dans ses dimensions épistémologiques et des processus de sa transmission, menant à souligner l’importance de la déconstruction de l’hétéronomie du sujet enseignant dans la formation initiale et continue.
La « pluralité des normes » (Robbes, 2011) et des intérêts sociaux des acteurs et usagers de l’éducation pousse les systèmes éducatifs à un impératif de renouvellement de leurs curricula, des approches et pratiques éducatives censées les actualiser (Levasseur, 2015). En parallèle, les médias déclarent que l’autorité de l’école et des enseignants est en crise et qu’il faut agir pour la renforcer. Les jeunes, plus particulièrement ceux issus des groupes minorisés (Brent, 2015), seraient assujettis à un dispositif de contrôle social, issu d’une perception de certains adultes qu’ils sont incontrôlables et représentent une menace pour l’ordre (Brisman, 2012), un problème à régler. La résistance de certains jeunes alimenterait les appels à un renforcement de l’autorité physique et morale de l’école sur eux, la revalorisation des valeurs « traditionnelles » et l’accroissement du rôle « parental » de l’État par ses institutions, notamment scolaires et juridiques (Hirschfield, 2008). Enfin, les modalités d’exercice de l’autorité de l’État, comme les compressions budgétaires, la gestion axée sur les résultats et l’imposition de doctrine pédagogique ou didactique, agiraient comme leviers d’autorité (Maguire, 2010), réduisant les horizons d’action possibles des enseignants et les éloignant de leurs buts et des moyens pour les atteindre, notamment en ce qui concerne la prise en compte de la diversité. Pourtant, les textes normatifs de l’école donnent l’apparence qu’elle accueille la diversité, s’ouvre à la pluralité des visions du monde et vise la formation de citoyens engagés dans des sociétés démocratiques et justes. Devant ce paradoxe, ce colloque vise à examiner : 1) sur quels normes et pouvoirs repose ou devrait reposer l’autorité de l’école et de ses acteurs; 2) quelles sont les modalités d’exercice des différents types d’autorité à l’égard des élèves comme des enseignants; et 3) comment les acteurs de l’école tiennent compte de la diversité dans l’exercice de leur autorité.
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