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Enseigner la sexualité au secondaire à Montréal : avant et après Internet, des élèves plus informés, mais déformés

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Sylvain Larose : Université de Montréal

Résumé de la communication

Avant l’Internet, les élèves avaient difficilement accès à de l’information sur la sexualité. La pornographie, les films érotiques existaient, mais il y avait une barrière, certes très poreuse, entre le monde sexuel des adolescents et celui des adultes.

Aujourd’hui, on enseigne la sexualité à des jeunes qui ont facilement accès à de l’information à caractère sexuel. Et à la pornographie. Ce n’est pas ce qu’ils vivent sexuellement qui a changé, c’est le contexte qui entoure la relation sexuelle qui a changé.

Étrangement, les jeunes de 2016 veulent discuter des mêmes sujets que les jeunes des années 90 : qu’est-ce qu’un couple ? Qu’est-ce que la pornographie ? Ai-je une ou plusieurs identités sexuelles? Si je m’inscris au site de « rencontre » Sugar Daddy, est-ce que je me prostitue ?

Cependant, quelque chose a changé. Maintenant, la pornographie a déjà répondu à toutes ces questions. Enseigner la sexualité au secondaire, c’est d’abord et avant tout détruire (reconstruire?) ce que les jeunes ont appris par la pornographie. C’est une entreprise très complexe : en effet, la pornographie, ses codes esthétiques et comportementaux, ont envahi à peu près toutes les sphères culturelles des sociétés occidentales.

C’est pourquoi l’éducation à la sexualité doit être une préoccupation de l’ensemble des intervenants adultes qui gravitent autour des jeunes.

Résumé du colloque

La hiérarchisation des questions sensibles et des priorités sociales du gouvernement du Québec pousse à regarder au sommet du monde de l’éducation, un monde de lucides et de solidaires. L’enjeu de conjuguer les éducations sexuelle et interculturelle y apparaît d’autant plus clairement que le sentiment de sécurité s’avère plus que jamais menacé chez les jeunes (filles et jeunes racisé(e)s). Cette conjugaison éducative appelle des réponses globales et concertées, intersectionnelles et intersectiorielles. La mixité de ces savoirs inter-milieux impose de rassembler les professionnels de l’intervention et de la recherche. Il en va d’une philosophie commune de l’éducation pouvant s’adapter à divers milieux ostracisant parfois des jeunes qu’ils souhaiteraient néanmoins aider. Les discours dominants adulto-centrés feront alors l’objet d’une réflexion critique portée notamment sur la performance et l’effort scolaires demandés aux jeunes vulnérabilisé(e)s. Nous contribuerons à les repenser de manières moins compétitives et discriminantes, moins violentes et doloristes, par-delà les idéaux et discours sociaux de performance, d’accomplissement et de dépassement de soi. Plutôt que de déplorer le manque ou la perte du goût de l’effort chez les jeunes, nous proposerons de détourner notre regard de sommets inatteignables que nous nous fixons. En reprenant la mesure de ce qui est réalisable avec et auprès des jeunes, en contribuant à la réflexion critique mise au service du développement de l’éducation antiraciste et antisexiste, nous verrons comment créer des rapports plus intelligents (à l’ère des TIC) et plus respectueux entre nous : entre gars et filles, entre jeunes de la majorité sociale et jeunes issu(e)s de communautés racisées. Nous donnerons ainsi à voir autrement les sommets de priorités éducatives gouvernementales actuelles : sensibiliser et agir, détecter et prévenir pour mieux vivre ensemble demain et déjà aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
manager icon Responsables :
David Risse
Discutant-e- de la session : David Risse
section icon Date : 8 mai 2017

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