Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Tara CHANADY : Université de Montréal
Cette présentation examine la relation à l’espace montréalais vécu en tant que femme qui aime les femmes. En s’intéressant aux différents points de repères qui peuvent être mobilisés dans la construction identitaire lesbienne/queer/autre (différentes façons de définir sa sexualité), je cherche à explorer les significations associées aux lieux dits communs (comme les bars lesbiens). La présentation se base notamment sur le concept d’orientation queer, développé par Sara Ahmed dans le cadre d’une réflexion phénoménologique, qui permet de réfléchir sur la particularité de l’expérience lesbienne sans l’essentialiser ou recourir à des catégories fixes. Ce concept autorise une lecture de la sexualité en rapport avec la spatialité et les affects, abordant comment le corps lesbien expérimente l’espace différemment de par son orientation vers des objets de désir non conventionnel. Ainsi, la sexualité se définit à travers ce désir et cette recherche du contact humain : « this makes becoming lesbian a very social experience and allows us to rethink desire as a form of action that shapes bodies and worlds » (Ahmed, 2006 : 102). L’attraction vers des personnes de même sexe et à d’autres éléments et objets représentant ce désir (hors de l’hétéronormativité) influence la direction et donc le parcours d’un individu dans la vie quotidienne. En effet, les femmes lesbiennes et queer ne suivent pas la ligne straight prescrite par l’ordre social, mais se tournent au contraire vers un objet qui se situe normalement hors de la sphère du désir sexuel hétéronormatif : « lesbians have different points of arrivals, different ways of inhabiting the world» (Ahmed, 2006 :100).
Ce colloque explore l’« intimité » sous l’angle des études féministes, des études queer et des études culturelles. L’intimité désigne ici des connexions « qui comptent » (Berlant, 2000), incluant par exemple des relations éphémères ou contractuelles. Les présentations porteront sur les sexualités, les identités et les relations non normatives ainsi que sur les réalités actuelles des formes d’intimité plus traditionnelles du couple et de la famille. Ces études s’intéresseront également au numérique, un vecteur de changement important dans la manière dont l’intimité se conçoit, que ce soit à travers les technologies mobiles, la possibilité de communautés virtuelles ou l’expression d’une citoyenneté « intime ». Nous avons retenu des contributions à propos des changements contemporains autour de l’intimité qui développeront un point de vue théorique sur des réalités vécues (notions de script, d’engagement, d’orientation queer) qui en aborderont les performances et les représentations (sur YouTube, à la télévision) et qui se pencheront sur le rapport entre les technologies numériques et le pouvoir (cyberféminisme, porno revancharde). Le colloque sera l’occasion de partager des savoirs et de mettre en commun des expertises complémentaires sur ces enjeux contemporains et en constante évolution. La réunion de chercheurs de différentes générations et d’horizons variés permettra de générer un dialogue fructueux à partir de diverses approches théoriques et méthodologiques ainsi que de développer de nouveaux thèmes partagés au sein de ce champ d’étude.
Titre du colloque :
Thème du colloque :