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Lucie Dumais : UQAM - Université du Québec à Montréal
Notre connaissance des fondations québécoises et de leur adaptation à l’environnement institutionnel des politiques sociales est parcellaire. Il y a dix ans, le gouvernement a négocié avec la Fondation Chagnon un partenariat dans le champ social très critiqué par le mouvement communautaire, et pourtant ‘innovateur’. Cela a cristallisé négativement les représentations de la philanthropie ce champ.
Nous avons mené une recherche exploratoire sur la base de nos réflexions sur l’évolution des services à domicile qui, depuis plusieurs années, est l’arène exemplaire d’une économie mixte et plurielle où l’État, le tiers secteur, les entreprises privées et le travail autonome s’interpénètrent – sans compter le rôle qu’y jouent les familles. Nous avons mené des entrevues préliminaires dans deux fondations de taille fort différente, mais présentes dans plusieurs régions auprès d’organismes offrant de tels services et des personnes dans le besoin. Des données organisationnelles nous ont aidés à esquisser des convergences plus ou moins fortes de leurs pratiques et les facteurs qui y contribuent. Ces deux études de cas aideront à éclairer notre compréhension des pratiques nouvelles dans un champ de politique sociale où s’exercent de fortes pressions en raison de ses finalités sociales immédiates et aussi comme vivier d’emplois dans le contexte du vieillissement de la population et des aspirations de non-institutionnalisation des personnes âgées et handicapées.
La période contemporaine est marquée par des enjeux qui fragilisent l’articulation entre l’économie et la société, la cohésion sociale et l’intérêt général. Pour y répondre, une nouvelle grappe d’innovations sociales est attendue sur divers fronts : stratégies innovantes de développement local et régional en contexte de mondialisation; adoption d’objectifs de développement durable; lutte contre les inégalités et nouvelles solidarités internationales. On appelle à un nouvel entrepreneuriat (privé, public, social, collectif) et à de l’innovation sociale pour aider à résoudre à grande échelle ces enjeux de société et assurer l’avenir de la planète. En même temps, on assiste à un foisonnement d’initiatives qui insufflent des valeurs de démocratie et de solidarité dans les modèles de production, de consommation, de développement territorial, d’organisation du travail et de provision de services collectifs (par exemple, agriculture urbaine ou soutenue par la communauté, transport collectif, énergies renouvelables, espaces partagés de travail, transition énergétique, etc.). De telles initiatives émergent typiquement à l’échelle locale et peinent à — ou ne souhaitent pas — changer d’échelle ou s’institutionnaliser. À long terme, certaines innovations sont durables dans le temps (par exemple, propriété des moyens de production par les salariés à Mondragon ou propriété publique de la vodka Absolut en Suède). Mais on assiste aussi à des démutualisations, à une diminution de l’emploi salarié à temps plein, à l’abolition d’organismes de développement territorial et d’instances de concertation, etc. Ce qui montre le caractère réversible des innovations sociales. Enfin, plusieurs innovations ont pu mener à de réelles transformations sociales durables dans le temps (comme les mesures favorisant la conciliation famille-travail) ou à se régénérer avec l’évolution du contexte (par exemple, depuis 2005, on a créé davantage de sociétés d’État qu’on en a privatisées).
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