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Rachida Azdouz
Le sexe, l’orientation sexuelle et la religion font partie des 13 motifs de discrimination prohibés par les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés de la personne. Le traitement réservé au fait minoritaire, notamment aux minorités sexuelles et aux femmes, par les grandes traditions monothéistes, est souvent invoqué pour en appeler à une hiérarchisation des droits. Or, le rôle des tribunaux est d’assurer une articulation et un équilibrage des droits. Cette présentation fera état des arguments (favorables ou défavorables à cette hiérarchisation), leur pertinence et leurs limites, juridiques et éthiques.
La hiérarchisation des questions sensibles et des priorités sociales du gouvernement du Québec pousse à regarder au sommet du monde de l’éducation, un monde de lucides et de solidaires. L’enjeu de conjuguer les éducations sexuelle et interculturelle y apparaît d’autant plus clairement que le sentiment de sécurité s’avère plus que jamais menacé chez les jeunes (filles et jeunes racisé(e)s). Cette conjugaison éducative appelle des réponses globales et concertées, intersectionnelles et intersectiorielles. La mixité de ces savoirs inter-milieux impose de rassembler les professionnels de l’intervention et de la recherche. Il en va d’une philosophie commune de l’éducation pouvant s’adapter à divers milieux ostracisant parfois des jeunes qu’ils souhaiteraient néanmoins aider. Les discours dominants adulto-centrés feront alors l’objet d’une réflexion critique portée notamment sur la performance et l’effort scolaires demandés aux jeunes vulnérabilisé(e)s. Nous contribuerons à les repenser de manières moins compétitives et discriminantes, moins violentes et doloristes, par-delà les idéaux et discours sociaux de performance, d’accomplissement et de dépassement de soi. Plutôt que de déplorer le manque ou la perte du goût de l’effort chez les jeunes, nous proposerons de détourner notre regard de sommets inatteignables que nous nous fixons. En reprenant la mesure de ce qui est réalisable avec et auprès des jeunes, en contribuant à la réflexion critique mise au service du développement de l’éducation antiraciste et antisexiste, nous verrons comment créer des rapports plus intelligents (à l’ère des TIC) et plus respectueux entre nous : entre gars et filles, entre jeunes de la majorité sociale et jeunes issu(e)s de communautés racisées. Nous donnerons ainsi à voir autrement les sommets de priorités éducatives gouvernementales actuelles : sensibiliser et agir, détecter et prévenir pour mieux vivre ensemble demain et déjà aujourd’hui.