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Groupes ethniques et raison publique

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Olivier Santerre : Université Laval

Résumé de la communication

Dans Libéralisme Politique, John Rawls soutient que les discussions publiques ayant pour objets des questions de justice fondamentale devraient prendre la forme d’un échange de raisons publiques. Ces raisons sont publiques, entre autres, en tant qu’ils « sont fournis par les idéaux et les principes exprimés par la conception de la justice politique de la société ». Lorsqu’il y a une grave dispute à propos de l’application des certains principes, mais surtout lorsque les groupes en conflit en viennent « à douter de [la] sincérité les uns envers les autres dans leur allégeance aux valeurs politiques fondamentales », Rawls croit que les membres d’un groupe pourront exposer ce qui, dans leur doctrine compréhensive, les mène à accepter ces valeurs (p.299). Cela aura pour effet, selon Rawls, d’apaiser le doute qu’ont certains. Dans cette présentation nous voudrons répondre à la question de savoir pourquoi certains doutes concernant la sincérité des membres de certains groupes persistent. Nous exposerons, par le fait même, les différents obstacles, associés aux relations inter-ethniques, qui minent l’actualisation de l’idéal de Raison Publique.

Résumé du colloque

Il est difficile de faire de la recherche en sciences sociales sans se référer au concept de groupe. Plusieurs études récentes visent précisément à démontrer que des changements au niveau de la groupalité ont des répercussions au niveau individuel. La question se pose de savoir quelles précautions doit prendre le chercheur ou la chercheuse en science sociale lorsqu’il ou elle veut généraliser à l’ensemble d’un groupe (national, culturel, ethnique, etc.). Par exemple, peut-on attribuer une agentivité à un groupe? Peut-on lui attribuer des intérêts, une volonté ou une mémoire? Faire cela, n’est-ce pas aussitôt simplifier le contenu du groupe? La question se pose de savoir comment devons-nous définir la notion de groupe si l’on veut éviter la généralisation hâtive, autrement dit si l’on veut bien saisir la diversité au sein du groupe. Des développements récents sur ces questions ont contribué à d’importants changements dans divers champs des sciences sociales, surtout dans l’étude sociologique de l’ethnicité, du nationalisme et du racisme, et dans les domaines de la philosophie politique qui lui sont le plus étroitement liés.

Les questions entourant la définition des concepts de groupes ont aussi fait couler beaucoup d’encre dans le champ de la philosophie politique. Par exemple, les politiques dites de la reconnaissance qui visent ultimement à corriger différents types d’injustices subies par des groupes « identitaires » ont été l’objet de beaucoup d’attention récente dans ce champ. Or, pour certains, les politiques de reconnaissance sont par définition essentialiste, étant donné qu’elles reposent sur une définition fixe de l’identité des groupes. Ce type de définitions, lorsque formulé dans des politiques, nourrirait l’injustice subie par certains membres de ces groupes. Notre colloque sera l’occasion de mettre en commun les travaux récents portant sur les différents problèmes qu’engendre l’étude des groupes et sur les différentes pistes de solution à ces problèmes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

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