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Alexandre Beaupré-Lavallée : Université de Montréal
L’organisation qu’est l’Université est associée au modèle de la bureaucratie professionnelle (Mintzberg, 1979; Larouche et coll, 2012). La société occidentale a subi des changements importants depuis, et les universités n’ont pas été épargnées : désengagement financier de l’État, diversification des populations étudiantes, adoption par les États de nouvelles idéologies privilégiant les forces du marché, et accélération de la présence des technologies (Lynch, 2006). En réponse, l’Université s’est adaptée notamment en internalisant les mécanismes de marché (Breton et Lambert, 2010) et en délaissant la gouvernance collégiale au profit du managérialisme (De Meulemeester, 2011). En dépit de l’ampleur de ces changements, le discours savant et professionnel continue d’associer la bureaucratie professionnelle à l’organisation universitaire.
Reprenant les travaux classiques de Mintzberg (1979), cette communication propose de confronter le diagnostic organisationnel d’origine aux transformations institutionnelles mises en lumière par la littérature scientifique. Nous chercherons plus précisément à répondre à deux questions : 1) quelle relation conceptuelle entretiennent la bureaucratie professionnelle et la collégialité et 2) où se situe aujourd’hui l’Université dans la typologie des configurations organisationnelles de Mintzberg (1979) ?
Le thème porte sur les transformations actuelles des universités, selon trois plans : systémique, institutionnel, conditions de travail.
Tout d’abord, nous observons des transformations majeures sur le plan systémique, ce qui inclut dans le cas du Québec les politiques provinciale et fédérale. Sur ce point, il semble qu’une préoccupation plus grande pour la reddition de compte (nouvelle gestion publique) et la croissance dans l’économie du savoir amène des transformations tant en ce qui concerne le pilotage des systèmes universitaires (prenons la réflexion actuelle sur le conseil des universités) que sur le plan du financement externe de la recherche et de l’enseignement universitaire (certains pays cessent de financer certains domaines disciplinaires). Dans plusieurs endroits, les subventions de fonctionnement (avec ou sans restriction) stagnent alors que le financement compétitif et les partenariats avec les entreprises croissent.
Ces transformations systémiques tendent à engendrer des transformations institutionnelles. Les leaders universitaires s’adaptent à de nouvelles réalités financières. Par exemple, certains se demandent s’il est toujours raisonnable d’embaucher un professeur à temps plein lorsque le financement se fait de façon temporaire.
Ces transformations systémiques et institutionnelles amènent bien entendu des transformations sur le plan des conditions de travail des professeurs, des chercheurs, des chargés de cours et des étudiants. Il n’est plus rare de voir des chercheurs possédant un diplôme qui survivent dans le milieu universitaire en accumulant des contrats de recherche sans jamais obtenir un poste permanent. C’est ce qui est désormais appelé la précarisation du travail universitaire. Une réalité déjà bien connue depuis l’essor important des chargés de cours, mais qui se généralise désormais en recherche.
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