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Alexandre Klein : Université d'Ottawa
Le sanatorium Albert-Prévost, institution psychiatrique privée de Montréal, fut un lieu unique d’enseignement infirmier au Québec. Accueillant quelques mois seulement après son ouverture en juillet 1919 une école d’infirmière, c’est également entre ses murs que fut créée la toute première école de gardes-malades auxiliaires de la province en 1950. Mais c’est certainement dans l’enseignement du nursing psychiatrique qu’il fut le plus novateur. Après avoir ouvert, dès 1938, une formation en neurologie et psychiatrie débouchant, pour 16 infirmières de la province, sur l’obtention d’un certificat en neuropsychiatrie, sa directrice Charlotte Tassé (1893-1974) mit sur pied en 1953 des cours permanents de perfectionnement en psychiatrie – les premiers de la province – assurés par les psychiatres de l’Université de Montréal et de l’Université McGill. Si l’on ajoute à cela les multiples évènements scientifiques organisés par l’institution et faisant intervenir des psychiatres de renommée mondiale, comme le français Henri Ey (1900-1977) qui vint en 1950 donner une série de douze conférences et deux causeries, le sanatorium fut certainement l’un des principaux moteurs du développement du nursing psychiatrique au Québec. C’est sur cette histoire unique que cette communication entend revenir.
Ce colloque se propose d’étudier l’évolution du rôle de l’infirmier et de l’infirmière dans la prise en charge de la santé mentale. À ce titre, il entend se pencher tant sur l’expérience du personnel infirmier en milieu psychiatrique que sur sa rencontre avec la maladie dans d’autres contextes de soin. Il vise tout particulièrement à mettre en lumière les conditions de naissance et de transformation, dans l’espace francophone, des soins infirmiers psychiatriques en tant que spécialité à part entière. Il abordera pour ce faire l’histoire de la figure de l’infirmier psychiatrique et de l’ensemble des pratiques, discours et représentations qui participent à son travail de prise en charge de la folie. Il s’attardera également sur l’évolution de l’enseignement et de la formation qui lui sont offerts, ainsi que sur les éléments contribuant à l’affirmation de son champ de compétence comme d’une spécialité infirmière à part entière (création de revues spécialisées et de sociétés professionnelles, organisation de congrès, etc.). Si les espaces canadiens, et plus particulièrement québécois, seront au centre de cette manifestation, les travaux menant à la comparaison avec d’autres pays francophones seront tout spécialement valorisés. Enfin, il souhaite réunir tant des historiens que des professionnels de la santé, et ce, afin de confronter les regards et d’ainsi faire dialoguer les perspectives de manière heuristique.
Titre du colloque :