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Valérie Lehmann : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
Depuis quelques années, en management de projet, la notion de compétence agile prend de
l’ampleur.
Certains travaux traitent de l’individu agile (Messager-Rota, 2012), d’autres du manager agile ou
encore de l’équipe agile (Barrand, 2012). Plusieurs applications destinées aux dirigeants RH,
comme AgilOA, ont d’ailleurs été développées pour évaluer les compétences agiles d’un individu et
d’autre groupe.
Deglaine et Barrand (2015) s’appuient sur le concept d’intelligence collective pour définir l’équipe
agile alors que Worley and all. (2015) supportent leurs propositions à partir des concepts
d’adaptabilité et que Sutherland (2014) insiste sur la notion de bonheur au travail. Quant à Morris
and All., (2014) ils soulignent que l’engagement et la créativité constituent des éléments clés en
agilité humaine.
Ainsi, le paysage des suggestions et des conceptualisations est vaste qui se regroupent autour de
la compétence agile, Mais en quoi la notion de compétence agile diffère-t-elle de la notion de
compétence basée sur la capacité de travailler en équipe (Picq, 2016) ou de celle basée sur les
principes de la collaboration et de la coopération (Seni, 2010) ou encore de celle basée sur
les attributs du project manager (Bellenger, 2012) ? S’agit-il d’un nouvel éclairage ou d’un nouveau
paradigme ? Par ailleurs, qu’apporte, pour la gestion des projets actuels, ce nouveau concept ?
À partir d’une revue de littérature pertinente, cette communication fait le point les divers écrits
traitant de compétence agile (concernant la dimension humaine et non pas organisationnelle) et
examine comment cette notion vient enrichir le management des projets actuels.
Le management de projet (MdP) s’est généralisé à partir des années 1980 et les activités économiques liées aux projets représentent 50 % de l’économie mondiale. Nos sociétés modernes sont devenues des « société à projets » et ces projets concernent autant les institutions publiques ou privées que les individus, et ce, dans les secteurs les plus divers et les organisations les plus variées. Cette omniprésence du projet renvoie à une vision idéalisée de ce mode d’action permettant à « l’homme de ne plus seulement subir les événements, mais de pouvoir maîtriser le cours de l’histoire et forger le futur à sa façon » (Asquin et al., 2005). Cependant, des travaux récents mettent en évidence les risques que font porter les projets sur les individus : une pression exacerbée, une individualisation des trajectoires, une perte de solidarité collective, une dilution des expertises, etc. Le MdP a donc généré différentes formes de malaises et de difficultés qui fragilisent les acteurs de projets, remettent en question leur bien-être et, conséquemment, le déroulement des projets. Ainsi, un nombre grandissant de travaux de recherche, tout comme les problèmes rencontrés par de nombreuses entreprises qui ont adopté le MdP, convergent pour souligner l’importance du facteur humain et sa nécessaire prise en compte dans le management des projets. C’est dans ce cadre que nous proposons ce colloque qui a pour objectif de réunir les chercheurs, les étudiants et les professionnels en MdP intéressés à discuter des enjeux de la prise en compte de la dimension humaine dans le management des projets, et ce, par le truchement des plus récentes recherches abordant des sujets comme l’épuisement au travail, l’implication, la motivation, le stress, la vulnérabilité, les compétences individuelles et collectives des acteurs du projet, ou encore les modèles, outils et pratiques de GRH en contexte de projet.
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