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La posture professionnelle d’impartialité en Éthique et culture religieuse à la lueur des arrêts des cours supérieures canadiennes dans les affaires de Morin, des Parents de Drummondville et de Loyola

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Bruce Maxwell : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Cette contribution a comme but de montrer que l’encadrement réglementaire régissant l’impartialité enseignante au Québec est contradictoire, confus et donc intenable. Malgré une tension entre les indications officielles relatives à la posture professionnelle en ECR et la portée de l’autonomie professionnelle enseignante prévue par la Loi sur l’instruction publique, de nombreux enseignants l'acceptent comme une réserve idéologique exigée par souci pédagogique. Les jugements des cours supérieures à la question envoient aussi de messages contradictoires à cet égard. À partir de l’arrêt de parents de Drummondville, l’affaire du Collège Loyola, et l’affaire de Morin de la cour d’appel, nous discuterons de cette ambivalence dans le rôle des enseignants. Que faire pour sortir de cette impasse? Nous prônons un décret sur l’impartialité enseignant qui tient compte de tous les droits et intérêts en jeu : le droit des enseignants d’autonomie professionnelle et de liberté d’expression, le droit de l’État d’établir le programme de formation, la liberté de religion et de conscience des citoyens, et l’intérêt qu’a la collectivité à offrir une éducation à la citoyenneté adaptée aux besoins d’une société démocratique.

Résumé du colloque

Le programme d’Éthique et culture religieuse (ECR) soulève nombre de débats depuis son implantation obligatoire dans toutes les écoles québécoises en 2008. Le programme a aussi été contesté devant les tribunaux. La Cour suprême du Canada a rendu un jugement en 2015 qui permet à une école secondaire privée d’adopter le programme ECR selon un point de vue catholique. Les défenseurs de ce programme regrettent ce jugement qui trahit son esprit non confessionnel, alors que ses opposants ont considéré qu’il confirmait l’idée que ce programme est un prolongement de l’enseignement religieux confessionnel d’autrefois. De plus, les signataires d’une pétition qui circule dans les médias sociaux en ce moment demandent que le programme ECR soit retiré du curriculum du primaire.

Depuis 2008, plusieurs études menées au Québec sur l’enseignement de l’ECR permettent de dresser un portrait des pratiques des enseignants et des défis qu’ils rencontrent dans leur travail quotidien. Les chercheurs ont entre autres mis en évidence un certain nombre de faiblesses liées à ce cours : l’insuffisance de la formation des enseignants du primaire, le manque de connaissance sur la vie communautaire des minorités religieuses du Québec, la difficulté de traiter de thèmes sensibles, les carences dans plusieurs manuels scolaires, l’inconfort d’aborder un point de vue religieux sur des questions d’éthique, les règles déontologiques inscrites dans le programme, etc. Néanmoins, les chercheurs ont aussi montré que le programme ECR répond aux attentes d’une société qui se distingue par la reconnaissance de sa diversité.

Ce colloque se veut une occasion d’aborder, à partir d’études scientifiques et de réflexions critiques, les impasses et l’avenir du programme ECR.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

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