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Joëlle Duval : Université de Montréal
Au Québec, le décrochage scolaire (DS) représente un important défi sociétal, et la hausse du taux de diplomation ou de qualification à 80 % d’ici 2020, tel que visé par le Ministère de l’Éducation pour les Québécois de moins de 20 ans (MÉLS, 2009), parait difficilement atteignable. Comme le DS constitue un processus de désengagement graduel dès le primaire (Rumberger, 1995), sa prévention réside notamment dans la continuité ou l’augmentation de l’engagement des élèves (Christenson, 2008), particulièrement lors de la transition du primaire au secondaire (TPS) (Blaya, 2010). À cet effet, l’implication parentale (IP) est reconnue comme étant un important facteur de protection pour contrer les risques liés au DS et à la TPS (Crosnoe, 2009). La recherche que nous menons vise à comprendre comment l’IP favorise l’engagement d’adolescents à risque de DS lors de la TPS. Dans cette communication, nous présenterons les résultats préliminaires de cette recherche, soit ceux issus des entrevues semi-dirigées menées auprès de parents et d’adolescents sur l’engagement de ces derniers ainsi que sur l’IP visant à le favoriser. Plus spécifiquement, nous exposerons les types d’IP favorisant l’engagement d’adolescents à risque de DS lors de la TPS qui semblent se dégager. Nous identifierons enfin des pistes d’action pour aider les enseignants à collaborer et à soutenir les parents pour favoriser l’engagement de leur adolescent et prévenir le DS et les difficultés liées à la TPS.
Depuis les années 1960, de nombreuses recherches ont été menées sur la collaboration école-famille-communauté (EFC). Leurs résultats ont notamment permis de mieux connaître les types et les niveaux de collaboration selon les lieux d’intervention (maison, école, communauté), les facteurs favorables ou défavorables à la collaboration EFC et les effets positifs de celle-ci (Bourdon et coll., 2011; Larose et coll., 2010; Myre-Bisaillon et coll. 2010; Sanders et coll., 1999; Wang et coll., 1993; Zygmunt-Fillwalk, 2006). Or, il apparaît que les pratiques de collaboration EFC sont différentes selon diverses variables : l’âge des élèves ou l’ordre d’enseignement, l’évolution du parcours scolaire et développemental, les caractéristiques, les réalités et les besoins des élèves, de leurs parents et de la communauté, les catégories d’acteurs concernés, etc. (Deslandes et Bertrand, 2004; Jeynes, 2011; Kalubi et Chatenoud, 2012; Larivée, 2012; Terrisse et coll., 2004; 2005). Le fait d’étudier la collaboration EFC selon diverses perspectives en tenant compte de plusieurs variables permet de déterminer des pratiques efficaces ou prometteuses selon les variables étudiées et, de ce fait, de proposer des pistes d’intervention différenciées afin de mobiliser les acteurs. En ce sens, le colloque que nous proposons contribuera à la détection de telles pratiques en mettant en évidence des travaux qui concernent différents acteurs (enfants, adolescents, parents, enseignants, intervenants spécialisés, intervenants communautaires, etc.) et contextes (famille, familles immigrantes, école spécialisée, école alternative, école maternelle, milieux défavorisés, etc.) de collaboration EFC. En outre, les diverses présentations devraient permettre de répondre à des questions comme :
– Comment bonifier les pratiques des milieux scolaires et communautaires dans l’accueil et dans l’intégration des familles qui immigrent avec des enfants d’âge scolaire?
– Comment se délimitent les relations entre parents et enseignants, notamment dans l’espace physique de l’établissement?
– Peu d’études ont porté sur les relations école-famille-communauté (EFC) dans les écoles alternatives qui, pourtant, exigent un minimum de collaboration et d’engagement des parents. Comment se vivent alors les relations EFC dans ce type d’écoles, notamment en milieu défavorisé?
– Est-ce qu’une meilleure compréhension des pratiques parentales des pères ou mères ayant une déficience intellectuelle peut permettre aux intervenants spécialisés d’adapter leur action à la réalité de ces parents et ainsi mieux répondre à leurs besoins et à ceux de leurs enfants?
– Comment l’attitude participative parentale favorise-t-elle l’engagement d’adolescents à risque de décrochage scolaire lors de la transition primaire-secondaire?
– Au regard de l’ensemble des présentations, y a-t-il des principes de base qui se dégagent pouvant favoriser la collaboration EFC ou la mobilisation des acteurs, notamment celle des parents?
Titre du colloque :