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La souveraineté alimentaire dans la Bolivie du Buen Vivir : entre la garantie constitutionnelle et la réalité des femmes

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Cécile Collinge : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM

Résumé de la communication

Il y a une dizaine d’années, la Bolivie, un pays majoritairement autochtone, a élu pour la première fois de son histoire bicentenaire un président indigène et indigéniste, lequel tente de redonner aux us, coutumes et valeurs indigènes une place prépondérante dans le cadre constitutionnel et la vie quotidienne. Cette transformation sociale s’inspire du paradigme du Buen Vivir (Bien vivre), ancré dans la cosmovision indigène, centré sur la Terre-Mère et donnant une valeur primordiale à la nature, la solidarité, l’équité et la réciprocité. Ainsi, la Constitution garantit la souveraineté alimentaire, plusieurs lois encadrant son application. Le niveau d’administration des « territoires indigènes originaires paysans » ainsi que les organisations économiques paysannes et communautaires jouent un rôle primordial pour structurer l’agriculture familiale durable.

Toutefois, tout aussi intéressant et porteur d’espoir qu’il soit sur le plan global, il semble que la politique du Buen Vivir ne se traduise pas par une amélioration de la situation concrète des femmes. Malgré la garantie constitutionnelle, dans la réalité, les femmes peinent pour atteindre la souveraineté alimentaire.

Dans cette présentation, nous présenterons la souveraineté alimentaire dans les lois, le point de vue des paysannes sur le sujet, puis amorcerons une discussion sur les liens entre le Buen Vivir et la place des Boliviennes en rapport avec la souveraineté alimentaire.

Résumé du colloque

La période contemporaine est marquée par des enjeux qui fragilisent l’articulation entre l’économie et la société, la cohésion sociale et l’intérêt général. Pour y répondre, une nouvelle grappe d’innovations sociales est attendue sur divers fronts : stratégies innovantes de développement local et régional en contexte de mondialisation; adoption d’objectifs de développement durable; lutte contre les inégalités et nouvelles solidarités internationales. On appelle à un nouvel entrepreneuriat (privé, public, social, collectif) et à de l’innovation sociale pour aider à résoudre à grande échelle ces enjeux de société et assurer l’avenir de la planète. En même temps, on assiste à un foisonnement d’initiatives qui insufflent des valeurs de démocratie et de solidarité dans les modèles de production, de consommation, de développement territorial, d’organisation du travail et de provision de services collectifs (par exemple, agriculture urbaine ou soutenue par la communauté, transport collectif, énergies renouvelables, espaces partagés de travail, transition énergétique, etc.). De telles initiatives émergent typiquement à l’échelle locale et peinent à — ou ne souhaitent pas — changer d’échelle ou s’institutionnaliser. À long terme, certaines innovations sont durables dans le temps (par exemple, propriété des moyens de production par les salariés à Mondragon ou propriété publique de la vodka Absolut en Suède). Mais on assiste aussi à des démutualisations, à une diminution de l’emploi salarié à temps plein, à l’abolition d’organismes de développement territorial et d’instances de concertation, etc. Ce qui montre le caractère réversible des innovations sociales. Enfin, plusieurs innovations ont pu mener à de réelles transformations sociales durables dans le temps (comme les mesures favorisant la conciliation famille-travail) ou à se régénérer avec l’évolution du contexte (par exemple, depuis 2005, on a créé davantage de sociétés d’État qu’on en a privatisées).

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

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