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Christopher Fennell : Université d'Ottawa
L’apprentissage statistique, la capacité à suivre les propriétés statistiques (les patrons) d’enchaînement de stimuli, est une compétence fondamentale afin d’acquérir le langage efficacement. Dans les environnements bilingues, les apprenants doivent suivre deux séries statistiques différentes pour différencier leurs langues avec succès. Les adultes sont capables de différencier deux langues artificielles lorsque ces deux langues sont accompagnées d’indices contextuels puissants tels que des indices de voix (masculin vs féminin) ou des indices faciaux (deux visages différents). Cependant, il n’est pas rare qu’une personne bilingue parle deux langues au sein d’une seule et même conversation. En outre, les recherches antérieures se sont axées exclusivement sur l’étude de sujets unilingues. Ici, nous cherchons à savoir si les indices contextuels dans le discours d’un individu (l’accent) peuvent faciliter la différentiation de deux langues artificielles chez les adultes unilingues et bilingues. Nos résultats démontrent que les bilingues, particulièrement ceux ayant été exposés à deux langues dès la naissance, ont mieux utilisé l’indice de l’accent que les unilingues. Les bilingues auraient donc un avantage attentionnel : ils ont pris l’habitude de séparer et naviguer entre deux langues. Présentement, nous réalisons une expérience similaire adaptée aux nourrissons unilingues et bilingues pour étudier l’émergence précoce de leur capacité à différencier deux langues artificielles.
Plusieurs chercheurs, comme Elizabeth Bates, considèrent la faculté du langage humain comme étant « une nouvelle machine construite à partir de pièces anciennes », c’est-à-dire une habileté acquise au fil du temps à partir des habiletés propres à l’individu, comme ses habiletés perceptuelles et cognitives. La relation entre langage et cognition est d’ailleurs depuis longtemps au cœur de la réflexion scientifique dans une panoplie de disciplines telles que la psychologie, la linguistique et l’orthophonie. Le présent colloque vise à regrouper des chercheurs provenant de différents milieux qui s’intéressent à cette relation entre langage et cognition. Il s’agira plus précisément de clarifier le rôle des habiletés perceptuelles et cognitives dans le langage. Les présentations seront axées sur un large éventail d’habiletés perceptuelles et cognitives : l’apprentissage de régularités, la perception auditive, la perception visuelle, la mémoire, les fonctions exécutives, les demandes cognitives, la métacognition et les habiletés de représentation. Ces habiletés seront étudiées auprès de bébés, d’enfants et d’adultes, unilingues et bilingues, à développement typique et atypique, et elles seront mises en lien avec l’apprentissage et le traitement du langage oral et écrit. Afin de proposer un aperçu complet de la question, des recherches employant des approches méthodologies diverses, de l’observation comportementale à l’expérimentation neurologique, seront exposées. Le présent colloque offrira donc un portrait global des avancements récents dans le domaine du langage et de la cognition. Une telle ouverture sur ce sujet permettra de clarifier le rôle des habiletés perceptuelles et cognitives dans le langage et contribuera ainsi au perfectionnement des théories cognitives du langage. Le présent colloque constituera également une base pour déterminer des pistes possibles d’intervention perceptuelles et cognitives dans les cas de difficultés langagières.
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