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Sivane Hirsch : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
L’approche interculturelle et inclusive de l’éducation vise deux finalités, en invitant l’enseignant : (1) à faire place à la diversité en s’adressant à tous les élèves dans la classe; et (2) à adopter des pratiques d’équité qui prennent en compte les diverses expériences de vie des élèves (Potvin et al., 2015). La Politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle adoptée par le Ministère de l’Éducation du Québec déjà en 1998 avait comme objectif de baliser ces orientations dans l’ensemble de l’enseignement dans les écoles québécoises. Le programme Éthique et culture religieuse s’inscrit clairement dans cette approche en faisant une réelle place à la pluralité de la société québécoise qui concerne, comme d’ailleurs dans nombreuses sociétés contemporaines, toutes les sphères de la vie en société dont la diversité de modèles familiaux, d’orientations sexuelles, d’idéologies politiques, de croyances, etc. Le programme consacre néanmoins une place significative au marqueur religieux de la diversité. J’examinerai dans cette présentation d’abord la manière dont le programme ECR adopte l’approche interculturelle et inclusive de l’éducation puis son implication possible dans les classes.
Le programme d’Éthique et culture religieuse (ECR) soulève nombre de débats depuis son implantation obligatoire dans toutes les écoles québécoises en 2008. Le programme a aussi été contesté devant les tribunaux. La Cour suprême du Canada a rendu un jugement en 2015 qui permet à une école secondaire privée d’adopter le programme ECR selon un point de vue catholique. Les défenseurs de ce programme regrettent ce jugement qui trahit son esprit non confessionnel, alors que ses opposants ont considéré qu’il confirmait l’idée que ce programme est un prolongement de l’enseignement religieux confessionnel d’autrefois. De plus, les signataires d’une pétition qui circule dans les médias sociaux en ce moment demandent que le programme ECR soit retiré du curriculum du primaire.
Depuis 2008, plusieurs études menées au Québec sur l’enseignement de l’ECR permettent de dresser un portrait des pratiques des enseignants et des défis qu’ils rencontrent dans leur travail quotidien. Les chercheurs ont entre autres mis en évidence un certain nombre de faiblesses liées à ce cours : l’insuffisance de la formation des enseignants du primaire, le manque de connaissance sur la vie communautaire des minorités religieuses du Québec, la difficulté de traiter de thèmes sensibles, les carences dans plusieurs manuels scolaires, l’inconfort d’aborder un point de vue religieux sur des questions d’éthique, les règles déontologiques inscrites dans le programme, etc. Néanmoins, les chercheurs ont aussi montré que le programme ECR répond aux attentes d’une société qui se distingue par la reconnaissance de sa diversité.
Ce colloque se veut une occasion d’aborder, à partir d’études scientifiques et de réflexions critiques, les impasses et l’avenir du programme ECR.
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