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Myriam Lavoie-Moore : Australian National University
Dans cette communication, je discuterai de quelques implications concernant l’utilisation d’applications de quantification des cycles de fertilité sur l’intimité des femmes. Plus précisément, à partir des résultats d’une étude de cas de l’application Kindara, j’explorai la façon dont une subjectivité néolibérale entre en relation avec une subjectivité du genre « féminin » et la façon dont cette relation accentue des formes de souffrances vécues par les femmes incapables de concevoir des enfants « naturellement ». Bien que le discours qui promeut les applications souligne le pouvoir d’ « empowerment » qui sous-tend leur utilisation, nous montrerons que l’utilisation de ce terme est équivoque et qu’il serait plus juste de parler d’« empowerment » informationnel. Celui-ci s’ancre dans une subjectivité néolibérale où la responsabilité de soi s’accompagne d’un devoir d’être constamment en adaptation face à son environnement dans un esprit de compétition intégré à toutes les sphères de la vie (Dardot et Laval, 2010). L’information devrait théoriquement permettre de réagir adéquatement aux changements. Cela est particulièrement problématique lorsque ce type d’ « empowerment » informationnel entre en contact avec un idéal de réalisation du féminin qui passe par l’enfantement. À travers les résultats de l’analyse, nous verrons donc comment les applications de quantification des cycles de fertilité peuvent participer au sentiment d’impuissance des femmes incapables de concevoir un enfant ; incapables de contrôler leur corps selon leur volonté.
Ce colloque explore l’« intimité » sous l’angle des études féministes, des études queer et des études culturelles. L’intimité désigne ici des connexions « qui comptent » (Berlant, 2000), incluant par exemple des relations éphémères ou contractuelles. Les présentations porteront sur les sexualités, les identités et les relations non normatives ainsi que sur les réalités actuelles des formes d’intimité plus traditionnelles du couple et de la famille. Ces études s’intéresseront également au numérique, un vecteur de changement important dans la manière dont l’intimité se conçoit, que ce soit à travers les technologies mobiles, la possibilité de communautés virtuelles ou l’expression d’une citoyenneté « intime ». Nous avons retenu des contributions à propos des changements contemporains autour de l’intimité qui développeront un point de vue théorique sur des réalités vécues (notions de script, d’engagement, d’orientation queer) qui en aborderont les performances et les représentations (sur YouTube, à la télévision) et qui se pencheront sur le rapport entre les technologies numériques et le pouvoir (cyberféminisme, porno revancharde). Le colloque sera l’occasion de partager des savoirs et de mettre en commun des expertises complémentaires sur ces enjeux contemporains et en constante évolution. La réunion de chercheurs de différentes générations et d’horizons variés permettra de générer un dialogue fructueux à partir de diverses approches théoriques et méthodologiques ainsi que de développer de nouveaux thèmes partagés au sein de ce champ d’étude.
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