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Marwa Ghedir : Université de Poitiers
L’histoire du féminisme constitue une passerelle entre l’histoire des femmes et l’histoire des sociétés occidentales qui ont développés des nouvelles perspectives pour expliquer, justifier et évaluer la place de la femme dans la société en général, et l’institution de la famille en particulier, dans ses rapports d’intimités. Le féminisme n’est pas un discours monolithique. En effet, depuis le mouvement suffragiste au milieu du XIXe siècle jusqu'à les dernières vagues du féminisme dans les années 1990, le féminisme n’a cessé de prospérer et d’inspirer les femmes partout dans le monde à repenser leurs intimités et affirmer leurs identités sexuelles et leurs rapports dynamiques qui visent un changement social ou politique. Cependant, l’ascension du mouvement féministe conservateur laisse perplexe à cause de ces idées traditionnelles conservatrices qu’il propage et qui mettent en question les discours féministes autour de l’intimité. En effet, le mouvement prône la préservation des valeurs traditionnelles dans la société et rejette les idéologies féministes progressistes. Pour mettre en évidence ses idées, le mouvement à crée un agenda social, économique et politique pour influencer la société nord-Américaine et propager ses valeurs. Le but de cette proposition est d’explorer les motivations derrière l’activation d’un mouvement mené par une idéologie traditionnelle et réservée au sein d’un mouvement progressiste. Dans la thématique de la sexualité par exemple, le mouvement féministe conservateur réfute la liberté sexuelle des femmes ainsi que les unions des couples homosexuels. Cette dénonciation s’est affichée par des démarches et des lois effectuées au sein des gouvernements nord-américains. En effet, les féministes conservatrices dénoncent toutes formes d’intimités inconventionnelles dans les couples et aperçoivent la sexualité féminine comme un devoir et non pas un plaisir partagé. Egalement, le sujet de la sexualité a suscité une grande partie de l’intérêt des féministes conservatrices qui l’ont abordé sous les thématiques des unions queer, homosexuels ainsi que l’implication des femmes dans la pornographie.
Ce colloque explore l’« intimité » sous l’angle des études féministes, des études queer et des études culturelles. L’intimité désigne ici des connexions « qui comptent » (Berlant, 2000), incluant par exemple des relations éphémères ou contractuelles. Les présentations porteront sur les sexualités, les identités et les relations non normatives ainsi que sur les réalités actuelles des formes d’intimité plus traditionnelles du couple et de la famille. Ces études s’intéresseront également au numérique, un vecteur de changement important dans la manière dont l’intimité se conçoit, que ce soit à travers les technologies mobiles, la possibilité de communautés virtuelles ou l’expression d’une citoyenneté « intime ». Nous avons retenu des contributions à propos des changements contemporains autour de l’intimité qui développeront un point de vue théorique sur des réalités vécues (notions de script, d’engagement, d’orientation queer) qui en aborderont les performances et les représentations (sur YouTube, à la télévision) et qui se pencheront sur le rapport entre les technologies numériques et le pouvoir (cyberféminisme, porno revancharde). Le colloque sera l’occasion de partager des savoirs et de mettre en commun des expertises complémentaires sur ces enjeux contemporains et en constante évolution. La réunion de chercheurs de différentes générations et d’horizons variés permettra de générer un dialogue fructueux à partir de diverses approches théoriques et méthodologiques ainsi que de développer de nouveaux thèmes partagés au sein de ce champ d’étude.
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