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Sarah Massicotte-Laforge : UQAM - Université du Québec à Montréal
Nous avons testé l’hypothèse que les enfants utilisent la prosodie lors de l’acquisition initiale de la syntaxe. Dans l’étude 1 (Massicotte-Laforge & Shi, 2015), la familiarisation présentait des énoncés ambigus entre deux structures syntaxiques: Structure-1: [[Dét+Adj+Nom] [Verbe+Dét+Nom]] (e.g., [[Ton felli mige] [vur la gosine]]); Structure-2: [[Dét+Nom] [Verbe+Prép+Dét.+ Nom]] ([[Ton felli] [mige vur la gosine]]). L’ambiguïté était résolue uniquement par les frontières prosodiques correspondantes. Les essais test étaient de type nominal (Dét+N) vs. verbal (Pron+V), contenant des pseudo-mots familiarisés et des nouveaux déterminants, le mige; tu miges. 32 enfants francophones de 20 mois ont été familiarisés soit avec la prosodie de la structure-1 ou de la structure-2, et tous ont été testés avec la même phase de test. Résultats: les enfants ont lié les regroupements prosodiques avec les syntagmes syntaxiques et ils ont perçu les stimuli-test en fonction de la structure familiarisée. L’étude 2 a examiné si la prosodie uniquement pouvait mener aux mêmes structures syntaxiques. Les deux familiarisations ne contenaient que des pseudo-mots. La phase de test était identique à l’étude 1. Résultats: les enfants familiarisés avec la prosodie de la structure-1 n’ont pas discriminés les essais tests, tandis que ceux de la structure-2 oui. L’ensemble des résultats montre que la prosodie et les mots de fonction affectent l’acquisition initiale de la syntaxe chez les enfants.
Plusieurs chercheurs, comme Elizabeth Bates, considèrent la faculté du langage humain comme étant « une nouvelle machine construite à partir de pièces anciennes », c’est-à-dire une habileté acquise au fil du temps à partir des habiletés propres à l’individu, comme ses habiletés perceptuelles et cognitives. La relation entre langage et cognition est d’ailleurs depuis longtemps au cœur de la réflexion scientifique dans une panoplie de disciplines telles que la psychologie, la linguistique et l’orthophonie. Le présent colloque vise à regrouper des chercheurs provenant de différents milieux qui s’intéressent à cette relation entre langage et cognition. Il s’agira plus précisément de clarifier le rôle des habiletés perceptuelles et cognitives dans le langage. Les présentations seront axées sur un large éventail d’habiletés perceptuelles et cognitives : l’apprentissage de régularités, la perception auditive, la perception visuelle, la mémoire, les fonctions exécutives, les demandes cognitives, la métacognition et les habiletés de représentation. Ces habiletés seront étudiées auprès de bébés, d’enfants et d’adultes, unilingues et bilingues, à développement typique et atypique, et elles seront mises en lien avec l’apprentissage et le traitement du langage oral et écrit. Afin de proposer un aperçu complet de la question, des recherches employant des approches méthodologies diverses, de l’observation comportementale à l’expérimentation neurologique, seront exposées. Le présent colloque offrira donc un portrait global des avancements récents dans le domaine du langage et de la cognition. Une telle ouverture sur ce sujet permettra de clarifier le rôle des habiletés perceptuelles et cognitives dans le langage et contribuera ainsi au perfectionnement des théories cognitives du langage. Le présent colloque constituera également une base pour déterminer des pistes possibles d’intervention perceptuelles et cognitives dans les cas de difficultés langagières.
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