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Sabrina Faleschini : Université Laval
Les études démontrent que les habiletés langagières des enfants sont associées à leurs habiletés cognitives non-verbales (Gooch et al., 2014). Ces associations pourraient être attribuables au fait qu’elles se développent grâce à des facteurs génétiques et environnementaux communs (Harris, 2006). Toutefois, les mécanismes qui sous-tendent ces relations sont méconnus. L’objectif de l'étude est d’examiner les relations entre les habiletés langagières de l’enfant et sa performance à des tâches mesurant différentes habiletés cognitives non-verbales à l’aide de la méthode de discordance entre jumeaux monozygotes (MZ). Cette méthode permet de départager les influences génétiques sous-jacentes au développement de ces habiletés pour déterminer si des influences environnementales sont en jeu. 366 jumeaux MZ provenant de l'Étude des Jumeaux Nouveau-nés du Québec (Boivin et al., 2012) ont été évalués à l’âge de 5 ans. Des corrélations indiquent que les habiletés langagières sont associées au fonctionnement exécutif, à la mémoire visuelle à court-terme et à l’organisation visuo-spatiale. Toutefois, ces associations disparaissent lorsque les influences génétiques sous-jacentes sont contrôlées à l’aide de la méthode de discordance entre jumeaux MZ. Ces résultats suggèrent que les relations entre les habiletés langagières et cognitives non-verbales seraient davantage attribuables à des facteurs génétiques communs qu’à des expériences environnementales propres à chaque enfant.
Plusieurs chercheurs, comme Elizabeth Bates, considèrent la faculté du langage humain comme étant « une nouvelle machine construite à partir de pièces anciennes », c’est-à-dire une habileté acquise au fil du temps à partir des habiletés propres à l’individu, comme ses habiletés perceptuelles et cognitives. La relation entre langage et cognition est d’ailleurs depuis longtemps au cœur de la réflexion scientifique dans une panoplie de disciplines telles que la psychologie, la linguistique et l’orthophonie. Le présent colloque vise à regrouper des chercheurs provenant de différents milieux qui s’intéressent à cette relation entre langage et cognition. Il s’agira plus précisément de clarifier le rôle des habiletés perceptuelles et cognitives dans le langage. Les présentations seront axées sur un large éventail d’habiletés perceptuelles et cognitives : l’apprentissage de régularités, la perception auditive, la perception visuelle, la mémoire, les fonctions exécutives, les demandes cognitives, la métacognition et les habiletés de représentation. Ces habiletés seront étudiées auprès de bébés, d’enfants et d’adultes, unilingues et bilingues, à développement typique et atypique, et elles seront mises en lien avec l’apprentissage et le traitement du langage oral et écrit. Afin de proposer un aperçu complet de la question, des recherches employant des approches méthodologies diverses, de l’observation comportementale à l’expérimentation neurologique, seront exposées. Le présent colloque offrira donc un portrait global des avancements récents dans le domaine du langage et de la cognition. Une telle ouverture sur ce sujet permettra de clarifier le rôle des habiletés perceptuelles et cognitives dans le langage et contribuera ainsi au perfectionnement des théories cognitives du langage. Le présent colloque constituera également une base pour déterminer des pistes possibles d’intervention perceptuelles et cognitives dans les cas de difficultés langagières.
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