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Ira ROBINSON : Université Concordia
Toute considération sérieuse du phénomène hassidique dans le Québec contemporain doit tenir compte du développement social et religieux du hassidisme à partir de ses origines au XVIIIe siècle. Cette présentation examinera la communauté hassidique québécoise contemporaine dans la perspective de la longue durée de l'histoire communale hassidique d'environ 250 ans. Il ne traitera pas des questions liées aux aspects spirituels ou intellectuels du hassidisme québécois, soit un sujet qui mérite une exploration séparée.
Cette histoire communale sera examinée sous les angles suivants:
1. Relations avec les communautés juives non hassidiques établies.
2. Relations avec les gouvernements et les agences gouvernementales.
Il sera démontré qu'au cours des 250 dernières années, il y a existé une tension entre les Juifs hassidiques et non hassidiques à cause de la structure communale différente des Hassidim. Aux XVIIIe et XIXe siècles, cette tension a abouti à des affrontements ouverts et, à d'autres époques, elle a évolué vers une relation plus symbiotique.
Il sera démontré que les communautés hassidiques ont été ciblées par les différents gouvernements et leurs agences au cours des 250 dernières années comme une partie intégrante de leurs efforts pour moderniser leurs sociétés sur le plan éducatif et économique.
Les communautés hassidiques du Québec sont donc le produit d'une histoire de 250 ans de relations souvent tendues avec les communautés juives non hassidiques, et les gouvernements et leurs agences.
Les communautés hassidiques forment à Montréal une population de près de 10 000 personnes. Alors que l’histoire et la sociologie des Juifs montréalais sont en général bien connues, on sait assez peu de choses des communautés ultraorthodoxes de tradition hassidique qui se sont installées depuis près d’un demi-siècle dans l’axe de l’avenue du Parc. Cela tient en grande partie à ce que ces populations sont restées relativement à l’écart de leurs coreligionnaires et qu’elles ne cherchent pas non plus à entrer en contact avec les autres résidents des quartiers où elles sont implantées. Or, il appert que les Juifs hassidiques représentent une nouvelle forme d’intégration à la société montréalaise-québécoise qui n’a cessé de prendre de l’ampleur au cours des deux dernières décennies et qui est basée sur une pratique religieuse non chrétienne fondamentaliste. Les Juifs hassidiques adoptent en général les pratiques économiques, politiques et sociales de leur société d’appartenance, mais refusent de s’acclimater à la culture ambiante ou aux comportements culturels dominants chez leurs voisins. Ces choix tendent à définir d’une manière assez différente la frontière entre le groupe hassidique lui-même et l’ensemble de la société montréalaise. Les organisateurs de ce colloque sont particulièrement intéressés à étudier la question des écoles primaires et secondaires qui sont administrées par ces communautés et qui constituent un enjeu pédagogique très discuté présentement.
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