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Justine Lahaie : Université de Sherbrooke
D’emblée, il est communément perçu que la DI affecte les compétences et les pratiques parentales. Cependant, il est important d’apporter des nuances à ces perceptions puisqu’il semble plutôt que les parents ayant une DI présentent des caractéristiques similaires, voire identiques aux parents présentant une intelligence normale et ayant un faible statut socio-économique (Aunos et al., 2003). En outre, fonder un jugement sur les compétences parentales des parents ayant une DI en se basant uniquement sur leur QI n’est pas acceptable et ne reflète pas la complexité de la réalité des pratiques parentales. En effet, la DI du parent est un mauvais indicateur de pratiques parentales lacunaires (Milot et al., 2015) et chaque cas doit plutôt être évalué individuellement en tenant compte des facteurs de risque et de protection présentés par le parent ayant une DI (Milot et al., 2015).
Dans cette communication, nous présentons le fruit de notre travail de recherche, soit un protocole d’évaluation clinique basé sur les facteurs de risque et de protection ayant été identifiés dans la documentation scientifique au regard de lignes directrices pour l’évaluation des capacités parentales des parents ayant une DI. Nous exposerons d’abord les recommandations issues de la littérature en matière d’évaluation des habiletés parentales des parents ayant une DI pour ensuite présenter trois outils d’évaluation des facteurs de risque. Ce protocole d’évaluation des pratiques parentales est multi-méthodes et multi-répondants afin d’obtenir le plus d’informations possibles sur les habiletés parentales des parents ayant une DI. Il vise notamment à orienter l’action des intervenants en tenant compte des facteurs les plus importants à considérer et ainsi contribuer au développement de services personnalisés auprès de ces parents.
Depuis les années 1960, de nombreuses recherches ont été menées sur la collaboration école-famille-communauté (EFC). Leurs résultats ont notamment permis de mieux connaître les types et les niveaux de collaboration selon les lieux d’intervention (maison, école, communauté), les facteurs favorables ou défavorables à la collaboration EFC et les effets positifs de celle-ci (Bourdon et coll., 2011; Larose et coll., 2010; Myre-Bisaillon et coll. 2010; Sanders et coll., 1999; Wang et coll., 1993; Zygmunt-Fillwalk, 2006). Or, il apparaît que les pratiques de collaboration EFC sont différentes selon diverses variables : l’âge des élèves ou l’ordre d’enseignement, l’évolution du parcours scolaire et développemental, les caractéristiques, les réalités et les besoins des élèves, de leurs parents et de la communauté, les catégories d’acteurs concernés, etc. (Deslandes et Bertrand, 2004; Jeynes, 2011; Kalubi et Chatenoud, 2012; Larivée, 2012; Terrisse et coll., 2004; 2005). Le fait d’étudier la collaboration EFC selon diverses perspectives en tenant compte de plusieurs variables permet de déterminer des pratiques efficaces ou prometteuses selon les variables étudiées et, de ce fait, de proposer des pistes d’intervention différenciées afin de mobiliser les acteurs. En ce sens, le colloque que nous proposons contribuera à la détection de telles pratiques en mettant en évidence des travaux qui concernent différents acteurs (enfants, adolescents, parents, enseignants, intervenants spécialisés, intervenants communautaires, etc.) et contextes (famille, familles immigrantes, école spécialisée, école alternative, école maternelle, milieux défavorisés, etc.) de collaboration EFC. En outre, les diverses présentations devraient permettre de répondre à des questions comme :
– Comment bonifier les pratiques des milieux scolaires et communautaires dans l’accueil et dans l’intégration des familles qui immigrent avec des enfants d’âge scolaire?
– Comment se délimitent les relations entre parents et enseignants, notamment dans l’espace physique de l’établissement?
– Peu d’études ont porté sur les relations école-famille-communauté (EFC) dans les écoles alternatives qui, pourtant, exigent un minimum de collaboration et d’engagement des parents. Comment se vivent alors les relations EFC dans ce type d’écoles, notamment en milieu défavorisé?
– Est-ce qu’une meilleure compréhension des pratiques parentales des pères ou mères ayant une déficience intellectuelle peut permettre aux intervenants spécialisés d’adapter leur action à la réalité de ces parents et ainsi mieux répondre à leurs besoins et à ceux de leurs enfants?
– Comment l’attitude participative parentale favorise-t-elle l’engagement d’adolescents à risque de décrochage scolaire lors de la transition primaire-secondaire?
– Au regard de l’ensemble des présentations, y a-t-il des principes de base qui se dégagent pouvant favoriser la collaboration EFC ou la mobilisation des acteurs, notamment celle des parents?
Titre du colloque :