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Benoit Majerus : University of Luxembourg
C’est seulement à la fin des années 1950 que l’infirmière psychiatrique en tant que diplôme rentre véritablement dans la législation belge. À ce moment, les infirmières formées sont minoritaires dans le personnel soignant travaillant dans les hôpitaux psychiatriques. Fortement dominé par les congrégations religieuses, masculines et féminines, le champ psychiatrique belge semble être caractérisé par un retard important en ce qui concerne la laïcisation et la professionnalisation des soins infirmiers en comparaison avec les pays limitrophes que ce soit la France, les Pays-Bas ou l’Allemagne. La communication essaiera d’interroger cette notion de retard à travers trois focales:
• dégager les principales caractéristiques du champ très hétéroclite qui assure les soins à l’intérieur des asiles psychiatriques entre 1850 et 1960 (soeurs et frères, gardiens, gardes-malades, aides…)
• décrire la volonté de la part des congrégations de formaliser les soins psychiatriques, notamment à travers deux revues professionnalisantes pour “infirmières” psychiatriques, éditées par les Soeurs et les Frères de la Charité, Caritas, créé en 1908 et Ziekenverpleging, créé en 1924
• retracer la chronologie des différentes tentatives de créer un corps d’infirmières psychiatriques laïques qui commencent à s’articuler à partir des années 1880 dans la revue des aliénistes belges, mais qui ne trouvent une traduction qu’à partir des années 1940 avec la création de formations spécifiques en soins psychiatriques infirmiers.
Ce colloque se propose d’étudier l’évolution du rôle de l’infirmier et de l’infirmière dans la prise en charge de la santé mentale. À ce titre, il entend se pencher tant sur l’expérience du personnel infirmier en milieu psychiatrique que sur sa rencontre avec la maladie dans d’autres contextes de soin. Il vise tout particulièrement à mettre en lumière les conditions de naissance et de transformation, dans l’espace francophone, des soins infirmiers psychiatriques en tant que spécialité à part entière. Il abordera pour ce faire l’histoire de la figure de l’infirmier psychiatrique et de l’ensemble des pratiques, discours et représentations qui participent à son travail de prise en charge de la folie. Il s’attardera également sur l’évolution de l’enseignement et de la formation qui lui sont offerts, ainsi que sur les éléments contribuant à l’affirmation de son champ de compétence comme d’une spécialité infirmière à part entière (création de revues spécialisées et de sociétés professionnelles, organisation de congrès, etc.). Si les espaces canadiens, et plus particulièrement québécois, seront au centre de cette manifestation, les travaux menant à la comparaison avec d’autres pays francophones seront tout spécialement valorisés. Enfin, il souhaite réunir tant des historiens que des professionnels de la santé, et ce, afin de confronter les regards et d’ainsi faire dialoguer les perspectives de manière heuristique.