Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Flavie SAINT-LAURENT-SÉNÉCAL : Université de Montréal
Devenue un des genres phare de la littérature contemporaine et ultra-contemporaine, légitimée et privilégiée par de nombreux écrivains, l’autofiction emprunte des formes variées. Michel Houellebecq, dans La carte et le territoire (2010), et J.M. Coetzee, dans L’été de la vie (titre original : Summertime, 2009), explorent une voie originale de la mise en fiction de soi : l’autofiction spéculaire (Colonna, 2004). Élevés au rang de personnages dans leurs récits, Houellebecq et Coetzee recourent à deux procédés rares. D’abord, la fiction de soi se fait à la troisième personne. Ils sont représentés à travers le regard de personnages fictifs. Puis, ils mettent en scène leur propre mort (Houellebecq en plein cœur de son roman et Coetzee dans un temps précédant le début du récit). Ils adoptent ainsi une écriture autofictionnelle moins rétrospective qu’exploratoire qui ambitionne une « recréation romanesque de soi », pour reprendre les termes de P. Vilain (L'autofiction en théorie, 2009). Leur portrait, loin d’être flatteur, s’éloigne de la représentation convenue. Houellebecq et Coetzee élaborent un jeu par lequel ils cherchent, non sans ironie et par le biais de la fiction, à recréer leur image dans les médias et, par-delà, dans le champ littéraire.
Thème du communication :
Domaine de la communication :