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Nation, ethnicité et race dans les discours de citoyens « ordinaires » à l’ère numérique : analyse de la problématisation de l’immigration et des minorités racialisées dans les commentaires sur Facebook

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Mathieu FORCIER : Université de Montréal

Résumé de la communication

Au-delà des discours institutionnels se revendiquant du pluralisme, il importe de chercher à comprendre comment les discours sociaux sur les minorités sont parties prenantes de l’inclusion et de l’exclusion des frontières de la communauté nationale. Avec la démocratisation de l’utilisation d’Internet et des médias sociaux, les discours sur l’immigration et la « diversité » sont largement relayés dans l’espace numérique où toutes et tous peuvent rendre publiques leurs conceptions de l’identité nationale. Quelles sont les représentations dominantes des minorités issues du Sud dans les pratiques discursives numériques ? Comment l’espace numérique structure-t-il la production des discours sur la nation et ces figures de l’altérité ? L'objectif ici est de jeter un éclairage novateur sur les représentations populaires de la nation et de ses altérités en analysant les discours de citoyens ordinaires blancs tels qu’apparaissant dans les sections commentaires d’articles portant sur l’immigration publiés sur les pages Facebook de grands médias québécois. En nous penchant spécifiquement sur la société québécoise, nous sondons la configuration particulière d’une condition commune aux sociétés postindustrielles, c’est-à-dire l’association entre altérité et insécurité favorisant les nationalismes défensifs. Sera présentée une analyse critique de discours portant sur l'accueil de réfugiés syriens au Canada.

Résumé du colloque

Il est difficile de faire de la recherche en sciences sociales sans se référer au concept de groupe. Plusieurs études récentes visent précisément à démontrer que des changements au niveau de la groupalité ont des répercussions au niveau individuel. La question se pose de savoir quelles précautions doit prendre le chercheur ou la chercheuse en science sociale lorsqu’il ou elle veut généraliser à l’ensemble d’un groupe (national, culturel, ethnique, etc.). Par exemple, peut-on attribuer une agentivité à un groupe? Peut-on lui attribuer des intérêts, une volonté ou une mémoire? Faire cela, n’est-ce pas aussitôt simplifier le contenu du groupe? La question se pose de savoir comment devons-nous définir la notion de groupe si l’on veut éviter la généralisation hâtive, autrement dit si l’on veut bien saisir la diversité au sein du groupe. Des développements récents sur ces questions ont contribué à d’importants changements dans divers champs des sciences sociales, surtout dans l’étude sociologique de l’ethnicité, du nationalisme et du racisme, et dans les domaines de la philosophie politique qui lui sont le plus étroitement liés.

Les questions entourant la définition des concepts de groupes ont aussi fait couler beaucoup d’encre dans le champ de la philosophie politique. Par exemple, les politiques dites de la reconnaissance qui visent ultimement à corriger différents types d’injustices subies par des groupes « identitaires » ont été l’objet de beaucoup d’attention récente dans ce champ. Or, pour certains, les politiques de reconnaissance sont par définition essentialiste, étant donné qu’elles reposent sur une définition fixe de l’identité des groupes. Ce type de définitions, lorsque formulé dans des politiques, nourrirait l’injustice subie par certains membres de ces groupes. Notre colloque sera l’occasion de mettre en commun les travaux récents portant sur les différents problèmes qu’engendre l’étude des groupes et sur les différentes pistes de solution à ces problèmes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

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