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Maha Dhaoui : Université de Sousse
C’est à partir de l’exemple de la formation infirmière en Tunisie, dont le régime des études universitaires a été établi en 2006, que cette communication entend explorer les forces institutionnelles, politiques, économiques et sociales qui soutiennent l’utilisation des processus d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins qui modulent le travail des infirmières œuvrant dans un centre de psychiatrie après l’universitarisation de la formation.
Avant 2006, la formation infirmière manque de structures professionnelles d’organisation et de contrôle de la pratique au sein de la majorité des services hospitaliers. Cette absence est surtout liée à une insuffisance de la formation universitaire des infirmières qui n’arrivent pas à assurer leur rôle que requiert la qualité des prestations. Ce n'est qu'à partir des années 80 que la santé mentale figurera très nettement au rang des priorités sanitaires et amorcera un développement propre qui sera couronné par l'adoption d'un Programme National de Santé Mentale en 1990. Depuis 1981, des infirmiers polyvalents sont capables de travailler dans les structures psychiatriques. Actuellement, il s‘agit d’une nouvelle structure d’enseignement supérieur visant une organisation Licence-Master-Doctorat, des diplômes cohérents et reconnus. Les infirmiers titulaires d’une licence appliquée en sciences infirmières peuvent accéder au master professionnel en santé mentale pour une meilleure prestation des soins dans les services psychiatriques.
L’universitarisation des études et la mise en place d’un nouveau référentiel basé sur les compétences nous semblent être une opportunité pour réinterroger l’organisation de la formation infirmière et les pratiques professionnelles dans les services psychiatriques.
Ce colloque se propose d’étudier l’évolution du rôle de l’infirmier et de l’infirmière dans la prise en charge de la santé mentale. À ce titre, il entend se pencher tant sur l’expérience du personnel infirmier en milieu psychiatrique que sur sa rencontre avec la maladie dans d’autres contextes de soin. Il vise tout particulièrement à mettre en lumière les conditions de naissance et de transformation, dans l’espace francophone, des soins infirmiers psychiatriques en tant que spécialité à part entière. Il abordera pour ce faire l’histoire de la figure de l’infirmier psychiatrique et de l’ensemble des pratiques, discours et représentations qui participent à son travail de prise en charge de la folie. Il s’attardera également sur l’évolution de l’enseignement et de la formation qui lui sont offerts, ainsi que sur les éléments contribuant à l’affirmation de son champ de compétence comme d’une spécialité infirmière à part entière (création de revues spécialisées et de sociétés professionnelles, organisation de congrès, etc.). Si les espaces canadiens, et plus particulièrement québécois, seront au centre de cette manifestation, les travaux menant à la comparaison avec d’autres pays francophones seront tout spécialement valorisés. Enfin, il souhaite réunir tant des historiens que des professionnels de la santé, et ce, afin de confronter les regards et d’ainsi faire dialoguer les perspectives de manière heuristique.
Titre du colloque :