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Valérie Harvey : Université Laval
Dans une modernité qui se radicalise (Giddens), l’économie de marché mondialisée et sa croissance continue se traduisent par des emplois exigeants : au Québec, le temps familial ne cesse de diminuer et le taux de stress des parents est le plus élevé parmi les travailleurs. L’assurance parentale québécoise instaurée en 2006 assure un remplacement du revenu des parents, tout en encourageant par la suite leur retour au travail. Depuis son instauration, près de 80% des pères québécois ont pris une moyenne de 7 semaines de congé. Avec des entrevues qualitatives auprès d’une trentaine de pères, nous avons examiné le retour au travail des pères qui travaillent en technologies de l’information (TI). Quelles sont les principales difficultés rencontrées au travail après le congé paternel d’un employé du secteur des TI? Le congé paternel les a-t-il amené à solliciter des aménagements de temps de travail, à modifier leur horaire, à envisager un autre emploi? Un long arrêt de travail des pères lors de la naissance d’un enfant permettra d’équilibrer la vision des employeurs devant la « menace » du congé parental. En éclairant les besoins en conciliation des pères, nous espérons que cela amène un changement organisationnel qui permettra, à terme, davantage d’égalité entre les sexes.
Dans la majorité des sociétés occidentales, les femmes ont fait une entrée massive sur le marché du travail au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Cette entrée a été concomitante de nombreux changements démographiques qui ont bouleversé les dynamiques familiales, notamment le divorce, qui devient plus courant alors que la fécondité périclite. Pour bien des spécialistes de la famille, les liens entre ces tendances démographiques et l’emploi des femmes au cours du 20e siècle s’expliquent entre autres par le fait que, bien que les femmes se soient engagées au sein du marché du travail depuis les années 1970, elles n’ont pu se désengager de façon équivalente du travail domestique. Cette réalité a donné lieu au phénomène de la double journée et mené plusieurs femmes à se questionner sur la compatibilité de leurs rôles familiaux et professionnels. Plus récemment, par contre, les démographes ont observé dans certaines sociétés occidentales un relâchement des liens entre la participation des femmes sur le marché du travail et les dynamiques familiales. Plusieurs ont émis l’hypothèse que ce relâchement découle d’une égalité croissante dans la répartition des tâches domestiques et d’un effacement plus grand de la spécialisation des rôles de genre. Ce colloque vise à évaluer la validité de cette hypothèse en répondant aux questions suivantes : le partage des tâches domestiques est-il réellement devenu plus égalitaire au sein des ménages occidentaux? Les changements observés ont-t-ils des conséquences observables sur les dynamiques familiales actuelles? Quel est l’état des connaissances sur ces questions?
Ce colloque est organisé par la Chaire de recherche du Canada en statistiques sociales et changement familial.
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