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Laurence Charton : INRS - Institut national de la recherche scientifique
En dehors de variables psychosociales (climat de la famille d’origine, bien-être avec des enfants, etc.), les recherches sociodémographiques relèvent deux conditions ou obstacles majeurs à la réalisation d’un projet de fécondité : la présence d’un conjoint stable souhaitant un enfant et un emploi stable. Pourtant, alors même que ces conditions semblent remplies, et que la conciliation travail-famille semble facilitée par la mise en place de politiques familiales avantageuses, comme c’est le cas au Québec, le nombre désiré d'enfants apparaît toujours supérieur au nombre effectif des naissances. Plus récemment, des recherches se sont intéressées à l’équité entre les sexes pour essayer de cerner l’écart entre nombre désiré d’enfants et nombre d’enfants nés. Il a ainsi été observé que les femmes qui consacrent plus de temps aux tâches domestiques que leur conjoint, tout en élevant des enfants et en travaillant à l’extérieur du foyer, souhaitent moins fréquemment un nouvel enfant (Mills et al., 2016). Alors qu’au Québec les femmes consacrent en moyenne 4h06 minutes par jour aux tâches domestiques, contre 3h12 pour les hommes (ISQ, 2013), cette situation influence-t-elle également les intentions de fécondité ? À partir de l’analyse des données de l’enquête sociale générale du Canada de 2011, cette communication se propose 1. d’explorer les déterminants sociodémographiques ayant une influence sur le temps consacré aux tâches domestiques et l’écart observé entre les sexes, et 2. de cerner le rôle potentiel de cette situation sur les intentions de fécondité. Les analyses comprendront des résultats descriptifs et des régressions logistiques. Elles contribueront à éclairer la part de l’iniquité domestique entre les sexes dans le contexte québécois et son impact sur les intentions de fécondité, un enjeu qui n’a pas encore fait l’objet de recherches poussées.
Dans la majorité des sociétés occidentales, les femmes ont fait une entrée massive sur le marché du travail au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Cette entrée a été concomitante de nombreux changements démographiques qui ont bouleversé les dynamiques familiales, notamment le divorce, qui devient plus courant alors que la fécondité périclite. Pour bien des spécialistes de la famille, les liens entre ces tendances démographiques et l’emploi des femmes au cours du 20e siècle s’expliquent entre autres par le fait que, bien que les femmes se soient engagées au sein du marché du travail depuis les années 1970, elles n’ont pu se désengager de façon équivalente du travail domestique. Cette réalité a donné lieu au phénomène de la double journée et mené plusieurs femmes à se questionner sur la compatibilité de leurs rôles familiaux et professionnels. Plus récemment, par contre, les démographes ont observé dans certaines sociétés occidentales un relâchement des liens entre la participation des femmes sur le marché du travail et les dynamiques familiales. Plusieurs ont émis l’hypothèse que ce relâchement découle d’une égalité croissante dans la répartition des tâches domestiques et d’un effacement plus grand de la spécialisation des rôles de genre. Ce colloque vise à évaluer la validité de cette hypothèse en répondant aux questions suivantes : le partage des tâches domestiques est-il réellement devenu plus égalitaire au sein des ménages occidentaux? Les changements observés ont-t-ils des conséquences observables sur les dynamiques familiales actuelles? Quel est l’état des connaissances sur ces questions?
Ce colloque est organisé par la Chaire de recherche du Canada en statistiques sociales et changement familial.
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