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Perception des tons lexicaux en mandarin par les enfants francophones

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Elsa Santos : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les apprenants d’une langue sans tons ont démontré un déclin de discrimination dès 6 mois (Mattock et al., 2008). Les contrastes étudiés étaient entre des tons à niveaux ou à contours. Les deux types sont traités différemment dans les théories linguistiques (Yip, 2002). Les tons à niveaux ont une structure phonologique plus simple (ex. trait haut) que les tons à contours (ex. trait combiné bas-haut), mais les tons à contours peuvent être plus distincts acoustiquement. L’hypothèse est que vers un an les enfants francophones traitent les tons lexicaux de façon non phonologique et perçoivent mieux les tons à contours que les tons à niveaux. Avec la procédure HPP (préférence de regard), nous avons testé la perception d’un contraste de tons à niveaux (haut; bas) et de tons à contours (ascendant; descendant) en mandarin. 32 enfants francophones de 11 mois ont été assignés à un des contrastes. Pour chaque contraste, la moitié des enfants ont été familiarisés avec un ton et l’autre moitié avec l’autre; tous les enfants ont été testés avec de nouveaux exemplaires des deux tons. Les temps de regard pour les tons familiarisés vs non familiarisés différaient pour les tons à contours, mais pas pour les tons à niveaux. Ainsi, les enfants francophones sont sensibles à la saillance acoustique des tons plutôt qu’aux propriétés phonologiques. Les tons à contour ont été discriminés malgré leur variabilité segmentaire, mais elle semble plus coûteuse pour la discrimination des tons à niveaux.

Résumé du colloque

Plusieurs chercheurs, comme Elizabeth Bates, considèrent la faculté du langage humain comme étant « une nouvelle machine construite à partir de pièces anciennes », c’est-à-dire une habileté acquise au fil du temps à partir des habiletés propres à l’individu, comme ses habiletés perceptuelles et cognitives. La relation entre langage et cognition est d’ailleurs depuis longtemps au cœur de la réflexion scientifique dans une panoplie de disciplines telles que la psychologie, la linguistique et l’orthophonie. Le présent colloque vise à regrouper des chercheurs provenant de différents milieux qui s’intéressent à cette relation entre langage et cognition. Il s’agira plus précisément de clarifier le rôle des habiletés perceptuelles et cognitives dans le langage. Les présentations seront axées sur un large éventail d’habiletés perceptuelles et cognitives : l’apprentissage de régularités, la perception auditive, la perception visuelle, la mémoire, les fonctions exécutives, les demandes cognitives, la métacognition et les habiletés de représentation. Ces habiletés seront étudiées auprès de bébés, d’enfants et d’adultes, unilingues et bilingues, à développement typique et atypique, et elles seront mises en lien avec l’apprentissage et le traitement du langage oral et écrit. Afin de proposer un aperçu complet de la question, des recherches employant des approches méthodologies diverses, de l’observation comportementale à l’expérimentation neurologique, seront exposées. Le présent colloque offrira donc un portrait global des avancements récents dans le domaine du langage et de la cognition. Une telle ouverture sur ce sujet permettra de clarifier le rôle des habiletés perceptuelles et cognitives dans le langage et contribuera ainsi au perfectionnement des théories cognitives du langage. Le présent colloque constituera également une base pour déterminer des pistes possibles d’intervention perceptuelles et cognitives dans les cas de difficultés langagières.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

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