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Précarité en contexte social-démocrate : étude sur la recherche universitaire en Finlande, Norvège, Suède et au Danemark

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Olivier Bégin-Caouette : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans le capitalisme universitaire, les jeunes chercheurs sont contribuent la production de recherche (Aghion, 2010; Salmi, 2009). Or, ils font également face à des conditions de travail de plus en plus précaires (Cyranoski et al., 2011; OCDE, 2013). Les pays nordiques comme le Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède, sont parvenus à surpasser les États-Unis en termes de production de recherche per capita, en partie grâce à une expansion de 32% du nombre de doctorants en 10 ans (Bégin-Caouette, Askvik & Cui, 2016; Myklebust, 2013). Ces systèmes sont aussi imbriqués dans une économie politique sociale-démocrate qui favorise l’accessibilité à l’enseignement supérieur, la rémunération des cycles supérieurs et l’égalité des citoyens (Ahola, 2007; Esping-Andersen, 1999; Kalpazidou-Schmidt, 2007).

L’objectif de cette communication est d’analyser les interactions entre les traditions universitaires, les croyances sociales, le financement de la recherche et les conditions de travail des chercheurs dans les pays nordiques. Les analyses de variance sur 324 questionnaires et analyses thématiques sur 56 entrevues révèlent que le rôle joué par les jeunes chercheurs est crucial, que « l’effet de goulot » s’est déplacé vers le post-doctorat, que le financement temporaire encourage la précarité, mais que la social-démocratie atténue ses effets.

Mots-clés : recherche universitaire; social-démocratie; pays nordiques; jeunes chercheurs; précarité

Résumé du colloque

Le thème porte sur les transformations actuelles des universités, selon trois plans : systémique, institutionnel, conditions de travail.

Tout d’abord, nous observons des transformations majeures sur le plan systémique, ce qui inclut dans le cas du Québec les politiques provinciale et fédérale. Sur ce point, il semble qu’une préoccupation plus grande pour la reddition de compte (nouvelle gestion publique) et la croissance dans l’économie du savoir amène des transformations tant en ce qui concerne le pilotage des systèmes universitaires (prenons la réflexion actuelle sur le conseil des universités) que sur le plan du financement externe de la recherche et de l’enseignement universitaire (certains pays cessent de financer certains domaines disciplinaires). Dans plusieurs endroits, les subventions de fonctionnement (avec ou sans restriction) stagnent alors que le financement compétitif et les partenariats avec les entreprises croissent. 

Ces transformations systémiques tendent à engendrer des transformations institutionnelles. Les leaders universitaires s’adaptent à de nouvelles réalités financières. Par exemple, certains se demandent s’il est toujours raisonnable d’embaucher un professeur à temps plein lorsque le financement se fait de façon temporaire.

Ces transformations systémiques et institutionnelles amènent bien entendu des transformations sur le plan des conditions de travail des professeurs, des chercheurs, des chargés de cours et des étudiants. Il n’est plus rare de voir des chercheurs possédant un diplôme qui survivent dans le milieu universitaire en accumulant des contrats de recherche sans jamais obtenir un poste permanent. C’est ce qui est désormais appelé la précarisation du travail universitaire. Une réalité déjà bien connue depuis l’essor important des chargés de cours, mais qui se généralise désormais en recherche. 

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

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