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Eftihia Mihelakis : Brandon University
Au cours des années 1990, émerge la reconnaissance des théories sur les pédagogies féministes en « Girlhood Studies », un sous-champ disciplinaire des études culturelles, qui nuance entre autres les modes d’appréhension des défis et pratiques de l’enseignement autant au secondaire qu’à l’université. Pour Jennifer L. Martin[1], non seulement faut-il enseigner les études féministes au secondaire, pour le faire, nous devons être attentifs et attentives au langage et aux réalités particulières des adolescentes et des adolescents.
En étudiant les réflexions théoriques et pratiques qui sont mises de l’avant dans quelques revues sur l’enseignement et sur les études féministes au Québec depuis la fin des années 1990, cette communication vise à répondre aux questions suivantes : Quelles théories et projets collaboratifs prennent lieu depuis les années 1990 dans le milieu secondaire au Québec qui abondent dans le sens des « Girlhood Studies » ? Comment a-t-on réfléchit aux façons dont confluent ou divergent les trajectoires des pédagogies féministes à l’égard de l’importance de peaufiner et de développer des pratiques pédagogiques (avec les TIC par exemple) qui sont attentives aux adolescentes et adolescents en tant qu’agent.es social.es, et ce, dans une perspective non binaire et antiraciste ?
[1] « Reclaiming Feminism: A Qualitative Investigation of Language Usage by Girls in a High School Women’s Studies Course », Girlhood Studies, 2009, vol. 2, n° 1.
La hiérarchisation des questions sensibles et des priorités sociales du gouvernement du Québec pousse à regarder au sommet du monde de l’éducation, un monde de lucides et de solidaires. L’enjeu de conjuguer les éducations sexuelle et interculturelle y apparaît d’autant plus clairement que le sentiment de sécurité s’avère plus que jamais menacé chez les jeunes (filles et jeunes racisé(e)s). Cette conjugaison éducative appelle des réponses globales et concertées, intersectionnelles et intersectiorielles. La mixité de ces savoirs inter-milieux impose de rassembler les professionnels de l’intervention et de la recherche. Il en va d’une philosophie commune de l’éducation pouvant s’adapter à divers milieux ostracisant parfois des jeunes qu’ils souhaiteraient néanmoins aider. Les discours dominants adulto-centrés feront alors l’objet d’une réflexion critique portée notamment sur la performance et l’effort scolaires demandés aux jeunes vulnérabilisé(e)s. Nous contribuerons à les repenser de manières moins compétitives et discriminantes, moins violentes et doloristes, par-delà les idéaux et discours sociaux de performance, d’accomplissement et de dépassement de soi. Plutôt que de déplorer le manque ou la perte du goût de l’effort chez les jeunes, nous proposerons de détourner notre regard de sommets inatteignables que nous nous fixons. En reprenant la mesure de ce qui est réalisable avec et auprès des jeunes, en contribuant à la réflexion critique mise au service du développement de l’éducation antiraciste et antisexiste, nous verrons comment créer des rapports plus intelligents (à l’ère des TIC) et plus respectueux entre nous : entre gars et filles, entre jeunes de la majorité sociale et jeunes issu(e)s de communautés racisées. Nous donnerons ainsi à voir autrement les sommets de priorités éducatives gouvernementales actuelles : sensibiliser et agir, détecter et prévenir pour mieux vivre ensemble demain et déjà aujourd’hui.
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