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Relations internationales et communautés imaginées : les origines inégales et combinées du nationalisme au Moyen-Orient ottoman

JV

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Jonathan VIGER : York University

Résumé de la communication

Cette communication a pour objectif d’analyser l’interaction des relations internationales, la redéfinition de la « communauté politique » et les origines du nationalisme dans les provinces arabes de l’Empire Ottoman. L’argument central est que l’aspect « modulaire » du nationalisme – « the fact that it is “capable of being transplanted with varying degrees of self-consciousness to a great variety of social terrains, to merge and to be merged with a correspondingly wide variety of political and ideological constellations » (Anderson 2006 : 5) – peut être ancré à l’intérieur du concept de dévelopement inégal et combiné, tel que développé au sein de la discipline des relations internationales : cet aspect est déterminé par l’entremise des relations (géo)politiques influençant la reproduction social des communautés politiques autant entre elles qu’à l’intérieur de celles-ci.

À partir du tournant du 18e siècle, les luttes sociales portant sur la définition d'un nouveau principe d’identité collective, la nation ottomane, donnèrent naissance à des projets politiques distincts, soutenu par des principes sociaux conflictuels et mobilisant progressivement des référents culturels divergents : c’est à l’intérieur de ces luttes que j’identifie les origines et la trajectoire initiale du nationalisme arabe, qui se distingua progressivement de l’idéologie ottomane.

Résumé du colloque

Il est difficile de faire de la recherche en sciences sociales sans se référer au concept de groupe. Plusieurs études récentes visent précisément à démontrer que des changements au niveau de la groupalité ont des répercussions au niveau individuel. La question se pose de savoir quelles précautions doit prendre le chercheur ou la chercheuse en science sociale lorsqu’il ou elle veut généraliser à l’ensemble d’un groupe (national, culturel, ethnique, etc.). Par exemple, peut-on attribuer une agentivité à un groupe? Peut-on lui attribuer des intérêts, une volonté ou une mémoire? Faire cela, n’est-ce pas aussitôt simplifier le contenu du groupe? La question se pose de savoir comment devons-nous définir la notion de groupe si l’on veut éviter la généralisation hâtive, autrement dit si l’on veut bien saisir la diversité au sein du groupe. Des développements récents sur ces questions ont contribué à d’importants changements dans divers champs des sciences sociales, surtout dans l’étude sociologique de l’ethnicité, du nationalisme et du racisme, et dans les domaines de la philosophie politique qui lui sont le plus étroitement liés.

Les questions entourant la définition des concepts de groupes ont aussi fait couler beaucoup d’encre dans le champ de la philosophie politique. Par exemple, les politiques dites de la reconnaissance qui visent ultimement à corriger différents types d’injustices subies par des groupes « identitaires » ont été l’objet de beaucoup d’attention récente dans ce champ. Or, pour certains, les politiques de reconnaissance sont par définition essentialiste, étant donné qu’elles reposent sur une définition fixe de l’identité des groupes. Ce type de définitions, lorsque formulé dans des politiques, nourrirait l’injustice subie par certains membres de ces groupes. Notre colloque sera l’occasion de mettre en commun les travaux récents portant sur les différents problèmes qu’engendre l’étude des groupes et sur les différentes pistes de solution à ces problèmes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

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