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Olivier Michaud : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Une des perspectives centrales à propos de l’autorité éducative moderne est celle qui affirme que l’autorité doit être basée sur des principes démocratiques. Cela signifie essentiellement que l’autorité doit être construite en collaboration par l’enseignant et par ses élèves. L’enseignant ne se perçoit alors pas comme devant structurer unilatéralement l’ensemble de la vie de la classe, mais en même temps il n’abandonne pas les élèves à eux-mêmes. L’enseignant cherche plutôt à créer des espaces pour que les élèves puissent influencer le fonctionnement de la classe. Il vise aussi à ce que les élèves participent à des projets qui partent de leurs intérêts. Or, nous possédons très peu d’information sur les problèmes que rencontrent les enseignants qui décident d’adopter cette perspective sur l’autorité dans leur classe. C’est ce sujet que cette présentation abordera à partir de résultats obtenus lors d’une recherche qualitative dans une classe de maternelle, située dans une banlieue d’une métropole étatsunienne, dont l’enseignante embrassait cette perspective démocratique sur l’autorité. Nous analyserons premièrement les moyens mis en place par l’enseignante pour pratiquer l’autorité démocratique avec ses élèves, puis, deuxièmement, nous nous attarderons à un petit groupe d’élèves qui rendaient problématique cet exercice de l’autorité. Nous tirerons de ces analyses certaines recommandations pour penser comprendre et pratiquer l’autorité démocratique en classe.
La « pluralité des normes » (Robbes, 2011) et des intérêts sociaux des acteurs et usagers de l’éducation pousse les systèmes éducatifs à un impératif de renouvellement de leurs curricula, des approches et pratiques éducatives censées les actualiser (Levasseur, 2015). En parallèle, les médias déclarent que l’autorité de l’école et des enseignants est en crise et qu’il faut agir pour la renforcer. Les jeunes, plus particulièrement ceux issus des groupes minorisés (Brent, 2015), seraient assujettis à un dispositif de contrôle social, issu d’une perception de certains adultes qu’ils sont incontrôlables et représentent une menace pour l’ordre (Brisman, 2012), un problème à régler. La résistance de certains jeunes alimenterait les appels à un renforcement de l’autorité physique et morale de l’école sur eux, la revalorisation des valeurs « traditionnelles » et l’accroissement du rôle « parental » de l’État par ses institutions, notamment scolaires et juridiques (Hirschfield, 2008). Enfin, les modalités d’exercice de l’autorité de l’État, comme les compressions budgétaires, la gestion axée sur les résultats et l’imposition de doctrine pédagogique ou didactique, agiraient comme leviers d’autorité (Maguire, 2010), réduisant les horizons d’action possibles des enseignants et les éloignant de leurs buts et des moyens pour les atteindre, notamment en ce qui concerne la prise en compte de la diversité. Pourtant, les textes normatifs de l’école donnent l’apparence qu’elle accueille la diversité, s’ouvre à la pluralité des visions du monde et vise la formation de citoyens engagés dans des sociétés démocratiques et justes. Devant ce paradoxe, ce colloque vise à examiner : 1) sur quels normes et pouvoirs repose ou devrait reposer l’autorité de l’école et de ses acteurs; 2) quelles sont les modalités d’exercice des différents types d’autorité à l’égard des élèves comme des enseignants; et 3) comment les acteurs de l’école tiennent compte de la diversité dans l’exercice de leur autorité.
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