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Philippe Tremblay : Université Laval
Au Québec, la Politique de l’adaptation scolaire favorise l’intégration en classe ordinaire des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). Malgré l’effort que traduit cette politique pour les scolariser à l’école ordinaire, certaines études démontrent que les jeunes ayant des difficultés d’apprentissage ou d’adaptation ont un cheminement scolaire difficile pouvant mener à des retards scolaires et à de faibles taux de diplomation. Suite à une première analyse des trajectoires scolaires de l’ensemble des EHDAA québécois ayant quitté l’enseignement primaire (juin 2008) vers l’enseignement secondaire (septembre 2008) avec un plan d’intervention (PI) (n = 15 233) (Tremblay, à paraitre), il a été constaté que 27,34 % des élèves sont issus d’une classe spéciale (fréquentée à au moins à 50% du temps) à la fin du primaire. De l’analyse des trajectoires scolaires portant sur cette population spécifique, il a été observé que ceux-ci se démarquent par une diplomation sensiblement plus faible que chez les autres élèves avec PI sans classe spéciale. On remarque également des différences d’orientation selon le sexe et la langue d’enseignement. Plus spécifiquement pour ce dernier point, les écoles anglophones semblent, d’une part, utiliser différemment les dispositifs destinés à ces élèves comme les classes de cheminement particulier à temps partiel et le plan d’intervention et d’autre part, obtenir des résultats en termes de taux de diplomation sensiblement supérieurs aux francophones.
L’école québécoise vise la réussite de tous les élèves et, bien que les enseignants adhèrent à cette mission, il subsiste encore des réticences à l’intégration (Forlin et coll., 2009; Titone, 2005). Ils déplorent la lourdeur de la tâche et affirment, entre autres, manquer d’expertise et d’information pour faire face aux cas complexes et difficiles (Boutin, Bessette et Dridi, 2016). Les enseignants débutants révèlent des besoins prioritaires de soutien : au troisième rang « répondre aux besoins des élèves à risque ou en difficulté d’apprentissage »; au quatrième rang « intervenir pour faire progresser les élèves HDAA » et au septième rang « favoriser l’intégration des EHDAA » (Mukamurera et coll., 2015). Le but des programmes de formation à l’enseignement est de développer les compétences des professionnels, mais se sentent-ils effectivement compétents au terme de leur formation? Les enseignants ayant un fort sentiment d’efficacité ont tendance à adopter de nouvelles pratiques pédagogiques et à expérimenter des situations d’enseignement différenciées comportant des adaptations ou des modifications en vue de favoriser la réussite des élèves (Chambers et Forlin, 2010). Malgré les orientations au sujet de l’organisation des services (MELS, 2007) et les recommandations de recourir à la différenciation pédagogique, l’enseignement demeure généralement assez traditionnel au Québec. Dans ce colloque, différents dispositifs d’organisation des services éducatifs, de formation et d’accompagnement seront présentés et discutés en vue de partager idées, points de vue et expériences sur les pratiques qui contribuent à mettre en place de meilleures conditions de réussite pour tous les élèves, y compris ceux ayant des besoins particuliers.
Titre du colloque :