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Transformations de l’université et crise de l’économie du savoir globalisé

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Maxime Ouellet : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Cette communication a pour but d’analyser les transformations qui s’opèrent au sein des institutions universitaires dans le contexte de la crise structurelle dans laquelle le capitalisme est plongé depuis plus d’une quarantaine d’année. Il s’agit d’analyser comment les mutations du capitalisme contemporain, qui se caractérisent par la globalisation, la financiarisation et la marchandisation du savoir, s’accompagnent d’une transformation institutionnelle au sein des universités et d’une transformation dans la pratique des acteurs qui sont au cœur de l’institution, à savoir les professeurs et les étudiants. Il est possible de décliner ces transformations en cinq axes : 1) réforme de la gouvernance; 2) réforme du financement; 3) réforme de la pédagogie et des programme; 4) mise en place de mécanismes «d'assurance-qualité»; 5) nouveau régime de privatisation de la connaissance. Nous soutiendrons que derrière ces diverses réformes éparses se trame un projet de transformation de la finalité de l’université qui possède une cohérence idéologique et politique. Il s’agira de montrer la complémentarité institutionnelle entre les transformations des institutions politiques, économiques et d’enseignement, ainsi que leur arrimage sur un nouveau mode de production de la connaissance. Il est donc essentiel pour comprendre la nature politique de ces transformations institutionnelles de saisir leur fondement idéologique dont les origines se trouvent au cœur même de la révolution épistémologique néolibérale qui consiste à conceptualiser les agents économiques en termes de processeurs informationnels et, corollairement, le marché comme un mécanisme cybernétique de transmission de l’information.

Résumé du colloque

Le thème porte sur les transformations actuelles des universités, selon trois plans : systémique, institutionnel, conditions de travail.

Tout d’abord, nous observons des transformations majeures sur le plan systémique, ce qui inclut dans le cas du Québec les politiques provinciale et fédérale. Sur ce point, il semble qu’une préoccupation plus grande pour la reddition de compte (nouvelle gestion publique) et la croissance dans l’économie du savoir amène des transformations tant en ce qui concerne le pilotage des systèmes universitaires (prenons la réflexion actuelle sur le conseil des universités) que sur le plan du financement externe de la recherche et de l’enseignement universitaire (certains pays cessent de financer certains domaines disciplinaires). Dans plusieurs endroits, les subventions de fonctionnement (avec ou sans restriction) stagnent alors que le financement compétitif et les partenariats avec les entreprises croissent. 

Ces transformations systémiques tendent à engendrer des transformations institutionnelles. Les leaders universitaires s’adaptent à de nouvelles réalités financières. Par exemple, certains se demandent s’il est toujours raisonnable d’embaucher un professeur à temps plein lorsque le financement se fait de façon temporaire.

Ces transformations systémiques et institutionnelles amènent bien entendu des transformations sur le plan des conditions de travail des professeurs, des chercheurs, des chargés de cours et des étudiants. Il n’est plus rare de voir des chercheurs possédant un diplôme qui survivent dans le milieu universitaire en accumulant des contrats de recherche sans jamais obtenir un poste permanent. C’est ce qui est désormais appelé la précarisation du travail universitaire. Une réalité déjà bien connue depuis l’essor important des chargés de cours, mais qui se généralise désormais en recherche. 

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

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