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Troubles de l’adaptation liés au stress ou maladies mentales? Différencier pour mieux intervenir, une alternative au DSM

JB

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Jonathan Bluteau : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Depuis les années 2000, on observe une multiplication des diagnostics de troubles mentaux chez les jeunes, ainsi qu’une augmentation fulgurante des prescriptions pharmacologiques associées pour les traiter (Gøtzsche, 2017). Est-ce normal et jusqu’à quel point ces troubles doivent être médicalisés ? Existe-t-il d’autres façons d’aborder ces problèmes ? Cette proposition théorique suggère une alternative, à la posture médicale, de l’émergence des problèmes d’adaptation, par l’articulation de la théorie évolutionniste du stress (Gunnar, Talge et Herrara, 2009; Plusquellec et Paquette, 2016) et de la théorie du tempérament de la réactivité et de la régulation de Rothbart (2011). Qu’ils soient avec une prédominance à l’agression ou à l’inhibition, les troubles de l’adaptation génèrent des difficultés liées à la régulation émotionnelle, comportementale et ils n’en sont pas pour autant des maladies mentales, mais ils sont diagnostiqués et traités comme si. Cette proposition suggère un nouveau regard afin de mieux distinguer les profils comportementaux selon une approche dimensionnelle et biocomportementale. Cela ouvre à des applications d’interventions préventives et ciblées pour prévenir l’aggravation des difficultés et assurer une gestion plus efficace des problèmes de comportements en classe (McCormick, O’Connor, Cappella et McClowry, 2015).

Résumé du colloque

L’intervention auprès des élèves ayant des difficultés de comportement est reconnue comme étant difficile dans les différents milieux scolaires. En effet, des recherches montrent un écart entre les pratiques jugées probantes pour ces élèves et celles qui sont effectivement utilisées par les enseignants en classe (Gable, Rothrauff, Thornburg et Mauzy, 2010; Maggin et coll., 2011). Un écart existerait aussi entre les pratiques déclarées et les pratiques réelles (Almog et Shechtman, 2007). Celles-ci sont teintées des croyances et des attitudes que les enseignants entretiennent vis-à-vis de ces élèves, ainsi que par leur sentiment d’auto-efficacité (Gaudreau, Royer, Beaumont et Frénette, 2012) ou d’autres variables telles que l’expérience professionnelle (Chouinard, 1999). Elles vont évidemment influencer la qualité des expériences scolaires des élèves en difficulté de comportement, reconnue comme étant souvent moins positive que celle de leurs pairs (Achilles, McLaughlin et Croninger, 2007; Rousseau, Point et Vienneau, 2015) et risquent également de péjorer le climat général de la classe (Montuoro et Lewis, 2015).

Le but de ce colloque est de faire état de l’avancement scientifique en ce qui concerne les croyances et perceptions des acteurs vis-à-vis des pratiques d’intervention en milieu scolaire. Il vise aussi à porter un regard critique sur les pistes d’actions et les avenues de recherche à envisager pour améliorer le vécu scolaire des élèves présentant des difficultés de comportement et de leurs camarades. Il sera axé sur un partage des expertises scientifiques mises en œuvre dans le domaine de l’intervention en milieux scolaires auprès des élèves ayant des difficultés de comportement. Les objets de recherche divers et complémentaires des chercheurs permettront de repérer les convergences et les points d’écart dans les travaux réalisés au Québec et à l’étranger. En s’appuyant sur une réflexion intégrative, il vise aussi à dégager les pistes d’intervention probantes et à orienter les perspectives de recherche ultérieures.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

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