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Usages des bibliothèques numériques : interroger la genèse instrumentale de leur interopérabilité technocentrée

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Antoine Henry : Aix-Marseille Université

Résumé de la communication

Ancrées dans les SHS, les questions relatives aux usages se posent légitimement aux bibliothèques numériques (BM) considérées avant tout comme des objets sociotechniques et socioculturels. Ces questionnements s’imposent d’autant plus que les usages des BM demeurent incertains. Élaborés sur une transposition illusoire de la bibliothèque physique, ces artefacts techno-documentaires imposent une désintermédiation aux usagers au profit d'une interaction instrumentée de la RI par les TIC. L’interopérabilité technocentrée de ces BM paroxyse la désintermédiation et malmène acceptabilité et utilisabilité. De nombreuses recherches soulignent que les usagers ne parviennent pas à s’approprier les dispositifs qui devraient répondre à leurs attentes d’association et de contextualisation de l’information que les actions en faveur de l’Open Data et des Linked Open Data encouragent. Parmi les technologies du Web présentes dans les BM patrimoniales, l’architecture REST est négligée alors que les GAFA l’utilisent – et la mettent à disposition - dans leurs BM pour améliorer l’appropriation de leurs services. A la lumière des travaux de P. Rabardel sur les genèses instrumentales et le nécessaire assujettissement de l’instrument aux formes de l’organisation du travail, les API REST, en réajustant la vocation de l’interopérabilité technologique, sont de nature à réhabiliter l’usage réel des BM et à offrir aux usagers des instruments adaptés à leurs activités constructives.

Résumé du colloque

À l’ère d’Internet, l’accès à un volume conséquent de publications a des incidences sur le travail des chercheurs, leur positionnement dans la communauté internationale, l’évaluation de la recherche et les modèles économiques sous-jacents.

Le développement des données en libre accès (open data) ainsi que les bibliothèques, archives et musées en ligne ne sont que quelques exemples illustrant l’évolution de la notion de texte ou de document, sa diversité et sa prolifération.

Des collections issues de bibliothèques traditionnelles sont maintenant accessibles librement, comme Gallica et Digital Public Library of America. À ce type de bibliothèques numériques s’ajoutent les publications savantes, qui sont une part importante des publications numériques. Des acteurs francophones importants ont vu le jour aussi bien au Canada qu’en France (Persée, Cairn.info, HAL et Érudit). De récentes initiatives nationales ont également permis le développement d’importantes archives scientifiques (ISTEX en France, Swissbib en Suisse, GBV en Allemagne et Scholars Portal en Ontario) ou muséales (Europeana et Musée virtuel du Canada).

Parallèlement, les méthodes automatisées de traitement se diversifient et se spécialisent : fouille de texte, méthodes d’apprentissage profond (deep learning) pour traiter des données massives et transformation d’informations en données liées. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens, notamment en ce qui concerne la gestion de gros corpus multithématiques. Pouvoir disposer d’outils d’analyse efficaces capables de s’adapter à de gros volumes de données, souvent de nature hétérogène et non toujours structurés, dans des langues variées et des domaines très spécialisés, reste un défi.

Le traitement des données numériques implique de multiples domaines (traitement automatique des langues, intelligence artificielle, linguistique, statistiques et informatique), permettant des applications diversifiées : recherche d’information, veille, évaluation de programmes de recherches, prospective, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 8 mai 2017

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